montevideo

Uruguay no más_vol 2

On n’avait pas fini non! Vous avez encore plein de choses à découvrir sur ce merveilleux pays qu’on ne peut que vous conseiller de visiter. Voici donc « Uruguay no más vol.2!», la suite du top des infos à savoir sur le « paisito », sa capitale et notre expérience de vie ici.

vue du cerro de Montevideo

Il y a une cinquième chose à savoir et pas des moindres… les Uruguayens ont des expressions qui ne veulent rien dire mais que tout le monde crie tout le temps type: «Uruguay que no ni no» ou «Uruguay no ma!» (ça vous permettra d’éviter des moments de désespoir comme moi au début: mais purée je comprends rien!! ça veut dire quoi quenonino??? c’est le nom d’un fromage?). C’est notre coloc, Délia, qui nous l’a dit, nous on l’entendait tout le temps mais on ne s’était jamais vraiment posé la question. Délia, elle a environ 40 ans. Cuisinière, aimant regarder la télé, matant parfois des séries en italien qu’elle ne comprend pas parce qu’elle «aime bien comment ça sonne», elle nous laisse plein de petits mots papiers pour nous dire des trucs comme « il faut bien fermer le robinet » ou « tu m’utilises, tu me laves » en parlant des ustensiles de cuisine. C’est elle qui s’occupe de la gestion de la maison. Elle rigole fort, se moque gentiment de mon accent, me crie tout le temps du salon «Goyeeeetttee se esta quemando» quand je suis dans la chambre et que j’oublie qu’il y a un plat exquis entrain de cuire sur le feu (c’est-à-dire tout le temps), elle ne mange jamais le soir, va m’apprendre à faire la pascualina (tarte aux épinards), peut arriver du boulot et se décider d’un coup à couper un arbre entier et à remplir des kilos de branches et feuilles qu’elle portera d’une main à la poubelle dehors (et moi lui proposant de l’aide et elle me disant non et moi l’espionnant de derrière ma fenêtre avec des yeux tout rond me demandant mais attends elle fait comment? Alfonso!! Il y a Delia en train d’arracher un tronc là c’est normal ??). Delia, elle devient aussi toute rouge avec un air de petite fille qui a fait des bêtises quand notre autre coloc Miguel est dans les parages. Miguel, il a 40 ans environ aussi, on ne sait pas trop, il est chauffeur, il a des cernes énormes et cuisine toujours des trucs de ouf qui sentent trop bon. Il fume dans sa chambre alors que c’est interdit et puis après il met plein de déo pour masquer l’odeur alors du coup il y a des effluves hyper bizarres qui flottent dans l’air du couloir et qui nous prennent le nez. Il a un fils qui habite en Colombie et il a déjà vécu en France alors, s’il est dans le coin, il faut qu’on fasse gaffe quand on parle. Il s’est pris d’affection pour Uncas, ils parlent de sport ensemble mais n’en font jamais, il se douche le matin à 5H30 et moi à 5H45, alors les jours où il prend un peu de temps je suis en retard au travail. Il préfère vivre seul car comme ça il n’a de compte à rendre à personne. Notre troisième coloc c’est Alfonso, il a 34 ans mais en paraît dix de moins. Il donne des cours de chants dans une école anglaise, a des ancêtres irlandais comme Uncas, du coup parfois ils en parlent pendant des heures et moi je m’endors, il est un peu fou et sa copine est argentine avec des yeux bleus de crazy girl et un sourire freedent trop marrant. Il est aussi acteur dans des publicités, serveur dans un salon de thé et professeur particulier de chant, il chante d’ailleurs souvent dans la maison et j’ai parfois envie de lui balancer un truc dessus mais je ne le fais pas, il mange du riz et des poivrons cinq fois par semaine, parle en « ette » pour imiter le français, nous demande nos vélos et notre ordinateur un peu trop souvent et est originaire de Buenos aires, Argentine. Je l’aime bien car on se marre bien, il rigole à mes blagues et a un humour un peu décalé que j’adore. C’est notre pote quoi. Parfois il va chanter dans des endroits hippies tout seul et revient et nous raconte que la nana juste avant lui a chanté « Tic tac » tout doucement et pendant des heures avant qu’il puisse monter sur scène. Parfois on danse ou on parle de n’importe quoi dans le jardin. Parfois, il nous embête à dire «Tutututuutt» pour faire semblant de parler français (genre je suis entrain de parler avec Uncas et le mec est derrière en train de crier « tututtutuut » à tue-tête…en mode gros relou…). Et il parle en espagnol en finissant tout ses mots par «ette» en pensant qu’il parle français. Ça donne des trucs style : «les pastette », « la casserolette », « la camette », la computadorette ». Je ne sais pas pourquoi il s’est mis en tête que le français c’était comme ça, mais il a contaminé tout nos potes du coup tout le monde parle en « ette ». Et les gens nous apellent les « tutut ».

Dans les rues le dimanche, il n'y a jamais foule

Dans les rues le dimanche, il n’y a jamais foule!

6ème chose à savoir sur Montevideo : C’est une ville faite pour le vélo. Faire du vélo à Montevideo c’est juste génial, en dehors des heures de pointe il n’y a jamais personne. Le dimanche surtout, les rues sont complètement vides. Tu peux pédaler des kilomètres sans croiser une bagnole, c’est trop le pied ! Et puis il y a la Rambla de Montevideo c’est au top pour faire du vélo, tu te balades au bord du rio (Montevideo est bordé par le Rio de la plata et non par l’océan Atlantique), t’arrêtes pour bouffer un poiscaille dans une cabane à pêcheur et continue. Ou non mieux tu te dis tiens on va aller manger du poisson a Carrasco (quartier à l’est de Montevideo) et Uncas, sensé bien connaître la ville te dis que c’est pas loin, « à 20 min à vélo grand max ». Ok. C’est parti ! Sauf que les 20 minutes se transforment en 2h, ce qui en soit ne me dérange pas, à part quand que tu es face au vent, que tu n’avances pas et qu’il y a toujours plus de kilomètres à faire car Uncas s’est trompé et qu’en fait ça lui paraissait beaucoup moins loin que ça ne l’était en réalité. Et quand tu y arrives il n’y a pas de poissons, que des fruits mers et que tu n’es pas une méga fan des moules. Enfin, c’est aussi une manière de découvrir toute la rambla ! Je ne vous conseille pas d’aller de l’autre côté de Montevideo, dans la baie, après le port, il y a une odeur à tuer un putois sur le coup, c’est horrible (j’ai failli vomir une fois je vous jure l’horreur d’ailleurs je ne sais plus ce qu’on foutait là à vélo mais faut pas y aller!).

le port de montevideo

Le port

7ème chose à savoir sur Montevideo : Montevideo ne se visite pas mais se vit. J’adore Montevideo, je ne sais pas vraiment comment expliquer ce que je ressens pour cette ville mais si je vous dis que c’est une des raisons pour lesquelles je reste ici vous vous imaginerez facilement comment je m’y sens bien. C’est une ville assez particulière, beaucoup de gens n’aiment pas. Quand j’étais à Buenos Aires, la dernière fois, tout le monde disait dans l’auberge de jeunesse « non mais Montevideo c’est moche, ça ne bouge pas… ». On ne peut pas leur en vouloir à ces navets (comme je suis devenue trop chauvine!!!) car Montevideo est définitivement une ville qui se vit et non pas qui se visite. Les premiers jours, je me baladais comme tout touriste dans le centre, et sur l’avenue 18 de julio et je me disais « ouhhh putain j’ai atterris où cette fois ci? ». Montevideo à première vue c’est pas très beau, c’est gris, aucune harmonie architecturale, de superbes maisons coloniales, ou pas, souvent délabrées jouxtent des immeubles grisâtres signés par des architectes, il n’y a pas de musées énormes ni d’attractions touristiques phénoménales. Les premiers jours, on faisait tout à pieds pour que je prenne mes marques (c’est d’ailleurs assez troublant comment aujourd’hui ces coins de rues et quartiers que je découvrais les premiers jours ont pu devenir des points de repères ou des quartiers ou habitent des potes ou même mon quartier et que je ne les vois plus du tout du même œil) et on a fait des kilomètres. Un après midi, on a marché toute l’avenue Rivera (Rivera c’est le tout premier président en Uruguay) jusqu’au zoo de Montevideo et là je me suis encore dit non mais c’est quoi cette ville !!!???

rambla en construction

C’est un truc de ouf, tu as l’impression qu’il y en a partout, il y a un peu plus d’un million d’habitants mais c’est hyper étendu, il y a plein de zones en friches, des immeubles abandonnés, des maisons en ruine, des terrains vagues. Même le zoo est en ruine. Le zoo : lieu de visite primordiale dans une ville pour moi. Dès que je pense pouvoir voir un singe ou autre bête à poil dans une ville j’y vais. J’ai même été au zoo de Mexico c’est vous dire, je me rappelle, j’avais vu des gens qui tenaient en laisse leurs gamins. Quand on est arrivé au zoo de Montevideo le gars à l’entrée nous dit « allez-y c’est gratuit ». On s’était dit « ouais cool! ». On a vite compris pourquoi et on a vite déchanté. Je ne suis pas spécialement en faveur des zoos mais je peux passer des heures à mater un cousin chimpanzé vivre sa vie et comme je ne peux satisfaire cette passion dans la brousse africaine je fais avec ce que j’ai: je vais au zoo parfois. Ça va j’y vais pas tous les jours non plus eh oh! Mais j’y vais, je suis allée au zoo de Chicago, au zoo de Budapest, au zoo de Berlin (peu de temps après que Knut soit né, (si vous ne connaissez pas Knut, sérieux allez lire sa bio sur le net c’est juste magique!) ce qui m’a valu une grosse dispute avec mon pote Marlon, thème du désaccord: est ce que les ours blancs nés à Berlin ont-ils chauds en été ou non? je ne me rappelle plus qui disait quoi et comment on en est arrivé à se disputer genre à mort mais c’était en mode ambiance guerre froide pendant quelques heures après…). Mais là, à Montevideo, c’est juste affreux : tous les animaux sont en train de crever dans leur cage sous leurs excréments, ils ont des cages de 50cm sur 50, ne peuvent pas bouger, ont des gueules d’enterrements, ça fait flipper. On a maté l’hippopotame dans son petit bassin pendant 15 minutes, la bête était en train de se suicider je te jure! En tout cas elle n’est jamais sortie de l’eau. Et la girafe à côté était en train de manger des cacahouètes avec sa patte, elle était devenue dingue! Une girafe qui mange des cacahouètes? Non mais sérieux… en même temps il y avait un gamin qui lui disait « veni veni mange des cacahouètes la girafe! ». Mais ils sont où les parents dans ces moments-là ? En train de regarder l’hippopotame mourir ? Attends… c’est pas sérieux de faire manger des cacahouètes à une girafe, faut pas déconner. Surtout qu’il y a une énorme pancarte disant « interdit de nourrir les animaux! ». Du coup, il y a un mouvement de jeunes qui luttent pour la fermeture du zoo et graffitent des trucs rigolos sur les murs de Montevideo.

fermeture du zoo

Bref on parlait de quoi déjà ? Ah oui des ruines de Montevideo, bah oui à première vue ce n’est pas une très jolie ville, du coup les touristes la boudent et vont voir sa voisine et en plus de cela lui font de la mauvaise pub mais chaque personne que je connais qui a daigné lui laisser sa chance et y accorder du temps l’a adoré et même préféré à Buenos aires où il y a beaucoup trop de monde, de bagnoles, de bruit… Montevideo c’est hyper étendu et il n’y a personne, les week-end tout est fermé, le samedi après-midi aussi et tu peux marcher des minutes entières sans croiser âme qui vive dans les rues, les gens vont à la rambla ou dans les parcs ou devant chez eux pour faire des barbec (oui c’est permis de sortir dans la rue et de faire des barbecues…..).

rue montevideo dimanche

En semaine c’est un petit peu plus mouvementé mais c’est pas le Caire non plus tu vois le genre. Les rues sont souvent vides, avec des superbes maisons coloniales toutes colorées et un peu vieillottes, d’autres avec différents styles européens (de l’autrichien, au basque en passant par le sud-italien) de jolies portes, des pavés, des immeubles assez bizarres pour que tu demandes « mais qu’est-ce que tu fous là toi l’immeuble? », des petites épiceries de quartiers où il va forcément y avoir quelqu’un pour te taper la causette. La nuit, tu sors dans la nuit (!) : peu de rues sont éclairées. …j’adore ! Tu peux aussi faire des asados où tu veux quand tu veux et personne va venir te faire chier pour la fumée (ça c’est quand même hyper cool), mater des couchers de soleil de dingue tous les soirs si tu as envie, aller courir sur la rambla au bord de l’eau avec l’air frais dans la tête et le vent qui fait du bien, aller chez la plupart de tes potes à pieds ou à vélo en moins de 30min! (je kifffeeee) et rencontrer plein de gens cool qui s’habillent comme dans les années 90. Dernière chose : c’est un grand village donc recommandation : ne pas avoir d’ennemi car tu vas forcément le croiser dans les rues un jour ou l’autre.

Portes montévidéennes..

Portes montévidéennes..

palmier sur la rambla, Montevideo

La rambla….

8ème chose à savoir : Oui il y a des bars, des théâtres, des cinés et autres centres culturels à Montevideo. Contrairement au mythe véhiculé en Argentine et ailleurs : il y a plein de choses à faire! Il y a plein de bars (pas 1000 mais en même temps qu’est ce qu’on s’en fout qu’il y ait 1000 bars dans une ville sérieux ??!) des concerts, du théâtre, des spectacles tous les soirs. Si tu as envie de sortir tu as le choix.

9ème chose à savoir : Ici tout arrive quelques années après. Voir des dizaines d’années après. C’est vrai que bon comme il n’y a pas vraiment de marché, on a un peu l’impression que les invendus sont revendus en Uruguay si vous voyez ce que je veux dire. Certains disent que quand il y aura la fin du monde, elle arrivera 10 ans après en Uruguay. C’est assez commun de monter dans un bus et d’entendre Free From Desire de Gala à fond les manettes. Ou bien de la techno cheloue que tu écoutais dans tes booms quand tu étais jeune. Ca m’est arrivé une fois en allant au le taf un samedi matin (autant te dire qu’il n’y avait personne) et à un moment le conducteur qui devait avoir oublié mon existence a mis à fond les manettes de la techno. C’était trop drôle ! Une des théories d’Uncas c’est que ces vieux hits passent car les radios n’ont pas les moyens de s’acheter les droits de diffusion des nouveaux tubes… Et oui, on parle d’un pays où tu as trois marques de petit pois disponibles et où les ordinateurs coûtent encore 1400 dollars tu vois. Il n’y a pas grand-chose quoi. Les gens ont le droit à cinq achats par an à l’étranger avec leur carte bleue. Beaucoup de gens s’approvisionnent en trucs divers et variés : sac à dos, chaussures etc grâce à cela. Cela revient moins cher de se faire amener un sac à dos des States que de l’acheter ici et puis surtout tu as plus de choix ! Du coup, il y a des trafics de droits. Genre une pote me racontait la semaine dernière, qu’elle, elle n’utilisait pas ses cinq « pass » et que du coup une de ses potes était en train de lui mettre la pression grave pour qu’elle les lui file! Pour moi c’est un des seuls inconvénients du pays mais on n’ose pas trop le dire car sinon vous n’allez pas vouloir venir : c’est cher, très cher ! Mais c’est le prix à payer pour voir ça quand tu veux (ih ih) :

coucher de soleil rambla

Bonne semaine à tous. !

us

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