Dans les rues il n'y

Uruguay no más

Bon allez on se lance, on s’est dit qu’il était quand même temps d’écrire quelque chose sur notre vie à Montevideo non ? Je suis sûre que vous n’arriviez plus à dormir tellement vous l’attendiez cet article hein ? Mais en fait ça a été compliqué de se lancer. Je trouve que c’est beaucoup plus difficile d’écrire sur notre vie quotidienne ici que d’écrire sur un voyage, sur notre passage à Détroit par exemple. Bah oui parce que faut pas déconner, la vie à l’étranger a aussi son lot de routine parfois : lever tôt le matin, aller au boulot, rentrer à 19h dans un vieux bus blindé qui n’avance pas car il y a des embouteillages, être fatigué, regarder une série brésilienne avec plein de nanas siliconées à la télé avec ta coloc qui passe ses heures libres…devant la télé. Voilà. Ce n’est pas tous les jours comme ça bien évidemment mais on n’est pas en train non plus de faire des randonnées sur des glaciers dans les Andes ou que sais-je encore, boire des mojitos sur la plage à Cuba. On aimerait bien mais bon.

Montevideo 2

Bref, c’est pas tant le fait qu’on vive un quotidien ici qui rende laborieux la rédaction de cet article mais plutôt le fait qu’on ne sache pas par où commencer. Tous les jours nous découvrons de nouvelles choses, écoutons des conversations dans des bus qui nous font marrer, voyons des scènes de vie qu’on ne verrait pas en France. Mais on n’a pas tout le temps un petit carnet pour prendre des notes en mode sociologue et puis on oublie (enfin surtout moi j’oublie). Exemple: la dernière fois dans le bus, deux femmes discutaient derrière moi et elles ont dit un truc type « Vos llegaste tarde ayer. » (« Tu es arrivée tard hier ») « Si porqué llovia asi que me fui un poco mas tarde de casa » (« Oui parcequ’il pleuvait et que je suis partie plus tard de la maison”). « Ayyy que uruguaya que sos! » (“Ayyy (intraduisible) quelle uruguayenne tu fais!”) mais en plus rigolo tu vois, et je me suis dit tiens faut que je m’en rappelle pour le blog et finalement j’ai oublié et maintenant ce n’est plus drôle du tout. Vous voyez ce que je veux dire. Enfin, ça me permet d’introduire une première chose sur les uruguayens : les uruguayens ne sortent pas quand il pleut. C’est une règle. Ici, quand la pluie se pointe, les gens restent chez eux, annulent la soirée qu’ils avaient prévu ou même des réunions importantes (c’est Chingachook qui me l’a dit !). C’est non non non. Ils ne mettent pas le nez dehors à part s’ils y sont vraiment obligés. Pourtant il y a des parapluies mais bon je ne sais pas, ils n’aiment pas ça quoi. Un jour, il pleuvait et on était invité à dîner chez une copine. On arrive et carrément elle nous demande ce qu’on fout là ! Bin je ne sais pas tu nous as invité à manger, on ramène nos poires quoi normal… La meuf était genre choquée : non mais vous êtes sortis sous la pluie mes pauvres bichons vous auriez dû venir demain !! Euh… ouais why not ?
Enfin, déjà que le pays est la moitié de l’année en vacances (l’année commence en avril pour certains….) et que personne ne se bouge quand il pleut, si tu fais un rapide calcul ça te laisse peu de « jours ouvrables » sur l’année. Et puis, ils ne rigolent pas avec les vacances ici, quand on est arrivé on nous a dit « oui mais le problème c’est que ce n’est pas un bon moment pour chercher du taf car il y a bientôt les grandes vacances (décembre-janvier ici) ». Ce à quoi je répondais innocemment :
-Premier truc : « Mais je ne comprends pas on est en octobre pourquoi tu me parles de décembre ??? »
-Deuxième truc : « Oui mais bon quand même tout ne peut pas s’arrêter pendant autant de temps, c’est pas possible, si ?».
Bin si. Décembre/janvier c’est les grandes vacances, février/mars c’est carnaval, du coup la reprise d’activité reste assez lente (et puis faut se remettre des grandes vacances !!). Suit la semaine du tourisme en avril (vacances de Pâques; très attaché à sa laïcité, l’Uruguay minimise au maximum les références religieuses) et après c’est bon : « arrancamos » comme ils disent ici ce qui veut dire en gros: on démarre, on avance. On est presque fin avril et les gens te parlent de « début de l’année » non mais s’il te plait! A croire qu’ils n’ont pas le même calendrier. On est en avril ! Allo quoi ! Bref, si j’ai bien compris le pays est au pas de course pendant huit mois et au ralenti, quatre. J’approuve. Par contre quand ça taffe, ça taffe. Je ne sais pas comment ils font, ils travaillent 20h par jour, dorment 4h et c’est reparti. Les uruguayens ont quatre journées en une. Ils vont au boulot jusqu’à 20H, après à la fac pour suivre leurs cours, après au sport et vers minuit vont boire un verre avec leurs potes. Et c’est pour tous comme ça (ou presque !). Ils font 4000 km de trajets par jours, voient 15 personnes, ont le temps d’aller acheter un cadeau pour un pote et d’aller à leurs cours de guitare entre deux cours de fac ! (J’exagère un peu pour les 4000 km le pays ne fait que 700km de large, long, travers…). Peut-être que c’est le maté qui leur fait ça, je ne sais pas, mais un jour j’en ai bu après 20h j’étais en mode surricate toute la nuit j’ai cru que j’avais pris de la drogue dis donc ! Bref, ils ont tous quatre boulots et mille activités. Vous ne me croyez pas ? Allez, je vous balance, à quelques mots près, la discussion eu un jour avec une copine d’ici :
Moi : « T’as fait quoi aujourd’hui ? » (vous remarquerez cette phrase d’attaque imparable n’est-ce pas ?)
Copine uruguayenne : « J’ai fait un cours de dessin avec une fille que j’avais rencontré à une conférence sur les techniques de construction de maisons en terre. Après on s’était revues à un atelier de danse contemporaine calle Barrios Amorin. Et depuis on dessine ensemble de temps en temps, elle est en archi aussi»
Moi : « Ah ouais tu danses ? Je ne savais pas ! »
Copine uruguayenne : « Bah oui… Et le mercredi je fais de la poterie ! Sinon il y a une super pièce de théâtre qui passe mercredi prochain tu ne veux pas m’accompagner ? »
Moi : « Mais le mercredi t’as pas poterie ? »
Copine uruguayenne : « Non mais la pièce commence après, à 23H »
Moi : dans ma tête « mais ca va pas elle est ouf elle ou quoi ! genre je vais aller au théâtre un mercredi à 23H ?? non mais attend… elle croit quoi elle…».
En vrai : « Euh non non j’ai des trucs à faire, je ne peux pas venir ». (eh oh je fais de la poterie moi aussi, j’ai des trucs à faire ouaich ! tu m’as prise pour une bleue ou quoi ?? j’ai ma cédula (carte d’identité) moi madame !)
Enfin vous l’aurez compris l’uruguayen est un hyper actif qui se la joue tranquille avec son maté. Je ne sais pas où ils trouvent l’énergie mais parfois tu te sens un peu flemmarde en comparaison. Ça me travaille tellement qu’un jour je me suis levée en pleine nuit à 4h du mat. Uncas me dit « mais attends mais tu fous quoi là ? ». Moi : « Je ne sais pas c’est pas l’heure de se lever ?». Fallait que je fasse un truc, j’étais hyper réveillée, prête à l’action  (c’est parceque je suis à moitié uruguayenne maintenant c’est pour ça…). Bref, nous vivons dans un pays où les gens travaillent 60H par semaine pour….900 euros max. C’est la fête.

Des crocs.....

Des crocs…

Deuxième truc à savoir sur les uruguayens: ils adorent les crocs ! Tout le monde porte des crocs. Non mais sérieux ? C’est trop moche ! Tout en plastoc avec des trous ! Non mais pourquoi vous portez ça ? Ils vont toujours te dire « ouais mais c’est hyper pratique tu vois je peux les mettre comme ça rapidos et puis sortir ». Euh oui c’est ce qu’on appelle des chaussures. Et non mais non ! Achète toi des tongs, mets des pantoufles je ne sais pas moi fais quelque chose ! C’est pas possible de porter un truc pareil ! Les gars ils sont là, en soirée, avec leurs crocs. Genre normal. Et toi tu es là et tes yeux dérivent inexorablement vers leurs pompes tu vois. Et tu as vraiment envie de leur dire pour qu’ils se rendent compte: non mais mec mets autre chose pour sortir ! T’as cru que t’étais au camping des moulins à Valras ou quoi ? (je suis sûre que les campeurs de Valras plage ont plus de goût). En plus, il y en a de toutes les couleurs ! Genre des noires, des bleues, des vertes, des jaunes, des bicolores ! Des grolles en plastique bicolores s’il te plait! C’est affreux. C’est une pompe qui transcende les classes sociales, tout le monde en porte. Enfin, pas vraiment car il y a les vrais crocs et les fausses, les copies qu’ils vendent sur le marché ou dans les supermarchés. Je ne vous raconte pas ma tête quand j’ai su qu’il y avait des copies. Rien que m’imaginer qu’un jour quelqu’un s’était dit « et tiens si je faisais des fausses crocs? », j’ai cru que j’allais défaillir. Le mec a inondé le marché de crocs. Enfin, le plus rigolo c’est de voir les jeunes bourgeois et bourgeoises montevidéens en porter. Croiser dans la rue des groupes de filles pesant 30kg toutes mouillées, avec sac à paillettes, jeans avec des clous à strass et des…crocs aux pieds. Ça n’a pas de prix. Vraiment. Parce que faut pas se voiler la face t’es décrédibilisé direct quand tu portes des crocs, personne ne va te prendre au sérieux (sauf ici bien sûr !). La même chose existe quand tu mets des pompes de skate bien grosses que tu ne fermes pas pour que ça fasse « stylé » avec des lacets vert jaune rouge (ouais c’est bon je parle de moi à 13 ans là ou peut être plus ? mince ça craint…). Tout le monde ne partage pas mon avis loin de là et je me suis sentie bien seule quand l’oncle d’Uncas lui a offert des crocs pour son annif et qu’Uncas était tout fou, genre : « Ah ouais !! c’est troooop cool j’en voulais trooooopp !!». Sinon, autre argument que les « croceurs » peuvent t’avancer : « mais tu peux aller dans l’eau avec ! ». Euh ouais… Au boulot que je sache il n’y a pas de petit bassin comme à la piscine pour se nettoyer les chaussures … non ! Au mieux il y a un paillasson. Bon. Je ne m’étalerais pas sur les autres réponses que je leur donne, vous les aurez devinés. A s’en demander si les crocs ne sont pas un peu comme les bombachas (pantalons des gauchos). A l’époque, l’Angleterre ne savait plus quoi faire de ces pantalons qu’elle avait confectionnés en masse pour les troupes turques. Quand la guerre de Crimée cessa il lui en restait plein les bras de ces pantalons. Elle les vendit donc en Amérique du Sud et notamment en Uruguay qui fit ensuite la guerre au Paraguay avec les futes qu’ils avaient acheté aux Anglais. La grande classe. Pour essayer de trouver une raison je me dis que ça doit être une affaire pareille pour les crocs, qu’ils ont été obligés, que cela ne vient pas de leur propre volonté. Mais bon malheureusement je ne crois pas que cela soit le cas et je finis avec une autre information scandaleuse, l’hiver arrivant, de nouvelles crocs sont apparues sur les étalages : des crocs à fourrure. Je vous épargne les détails pour ne pas trop vous faire souffrir.

Elles existent aussi en version adulte......

Elles existent aussi en version adulte……Intéréssés nous contacter.

Troisième chose à savoir sur l’Uruguay : ce qu’ils appellent pizza ici consiste en de la pâte à pizza avec de la sauce tomate. Et puis c’est tout. Hum miam miam c’est très très bon…..
Quatrième chose à savoir : Si tu mélanges pizza+faina : ils appellent ça « a caballo (à cheval) ». C’est la bouffe typique d’ici, avec une Patricia ou une Pilsen (bières locales). Le reste des plats n’est pas franchement varié : milanesa (escalope panée), chivito (pain + viande), asado (barbecue): viande. Et vous imaginez bien qu’il n’y a pas 10000 restos indiens, ouzbeks, chinois, turques ou libanais à portée de main. Amateurs de salades nous vous déconseillons cette destination. Certains végétariens habitent tout de même dans le coin, ils résistent en mangeant aux asados des poivrons ou des patates braisées. Mais sont en minorité.

asado

La viande. A croire qu’ils ont une matière « carnée » à l’école. Les gens ici connaissent les bouts de viande et te regardent genre trop bizarre quand tu ne sais pas ce que c’est de la « pulpa ». Tu te sens un peu comme quand tu fais les courses avec Guicha, notre pote, et qu’il te dit, « pour le rôti de porc farci à la sauge, plutôt que de l’échine, on pourrait peut-être prendre du jarret ? », ce à quoi tu réponds par une blague histoire de sauver la face, « comme tu veux, tout est bon dans le cochon non ? hahaha »…… Pour que vous cerniez le personnage, Guicha alias la Guiche alias Guichalou, c’est le gars qui peut te sortir à tout moment, genre entre deux chansons à un concert de cumbia, « ouais hier j’ai fait frisotté un petit lapin à la moutarde et l’estragon. C’était pas mal. J’avais fait un mille feuilles de crêpes à la mousse de courgettes à côté mais je crois que je l’ai un peu loupé. » Et que toi t’es là, tu le regardes et tu te dis deux choses : 1) que tu aimerais bien manger avec lui tout le temps, et 2) qu’est ce qui se passe si je lui dis que mon régime principal c’est les pâtes au beurre? Et bien ici c’est un peu pareil, en plus concentré sur la via

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