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Soy celeste

Alors que je n’étais qu’un enfant, mon père Chingachook m’a, comme le veut la tradition uruguayenne, fait passer l’épreuve initiatique du «dequecuadrosos », rite qui définirait une part importante de ma future existence : le choix du club que j’allais supporter. La légende veut que, dans un magasin, face aux maillots de toutes les équipes du championnat uruguayen, le petit garçon que j’étais, d’un geste du bras en direction du maillot blanc immaculé, frappé du logo bleu à l’intérieur duquel l’on peut lire, écrites en rouge, les lettres « C.N. de F », ait prononcé les mots les plus importants de son existence : « celui-là ».
Chingachook, seul témoin toujours vivant de la scène, suite à la mort prématurée et inexpliquée du vendeur le lendemain du rite, assure que cette décision a été prise « sans aucune pression extérieure et en pleine possession de ses moyens du haut de ses trois ans » et, que le fait que lui-même soit un supporter du Club Nacional de Futbol , n’est qu’une heureuse coïncidence et/ou un signe du destin. Autre explication avancée, la similarité des couleurs du club tricolore avec les françaises… Moi, perso, ça me va. Malgré les soupçons sur le caractère un chouya forcé de ce mariage, je l’ai toujours respecté. Disons que le cœur y est, même s’il faut avouer que la passion, je la réserve pour ma maîtresse bourguignonne, l’Association de la Jeunesse Auxerroise…
C’est donc sporadiquement que je suis les résultats de la bande au « Chino » Recoba, «ça m’en touche une sans faire bouger l’autre» comme dirait le numéro 23 des bleus champions du monde. Pour vous dire, la fessée prise par Nacional contre le rival Peñarol, ne m’a pas touché plus que ça. Et pourtant, il ne s’agit pas d’une rivalité quelconque…

Il existe différents types de rivalités. Certaines sont ce qu’on appelle un derby, un match opposant des équipes dont la rivalité repose essentiellement sur la proximité géographique. Le derby du Rhône, Saint-Etienne et Lyon, les Hibernians contre le Heart of Midlothian, à Edimbourg, ou Manchester United contre Manchester City. Mais l’Histoire a fait naître dans certains championnats, souvent ceux dominés par deux équipes se détachant du lot, des rencontres baptisées des clasicos. Le plus connu étant celui entre le Real Madrid et le F.C. Barcelone. Il y a débat en France sur la véracité du terme pour qualifier les matchs opposant le PSG à l’OM. Pour des raisons bien plus anciennes et intéressantes, on se pose la même question en Ecosse pour le Old Firm opposant les Rangers et les Celtics. En Argentine ils ont tellement abusé du terme clasico pour qualifier les différents derbys, qu’ils en sont venus à baptiser l’original, entre River Plate et Boca Juniors, le « superclasico »! Et vous osiez vous plaindre des médias (sportifs) français…

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Une chose est sûre en tout cas. En Uruguay, il y a un clásico. Et quel clásico mesdames, mesdemoiselles, messieurs! En effet, Iles Britanniques à part, il s’agit de la plus ancienne rivalité de la jeune histoire du ballon rond. La première rencontre date de 1900. En 1908, un journaliste parlait déjà de deux « adversaires à jamais réconciliables ». Plus de cent ans plus tard, l’histoire lui donne chaque jour raison.
L’engouement autour de cette rivalité est incroyable et peut sembler fou de l’extérieur. C’est que le football a une place très, peut être trop, importante en Uruguay. Les supporters les plus « investis », parlent de leur club respectif comme d’un « sentiment », dans leurs chants ils parlent d’amour, de fidélité et de haine de l’autre, du rival. Inutile de blablater sur ce que c’est de voir les hinchadas dans le stade. Je vous laisse regarder sur la toile, et vous conseille vivement de le voir de vos propres yeux. Une raison de plus pour venir nous rendre visite ! Cette concurrence déborde malheureusement largement du cadre sportif. Que ce soit sur le terrain (les bagarres entre joueurs ne sont pas choses rares, la dernière date du 21 janvier dernier, lors d’un match amical!), dans les tribunes (le 23 novembre 2013, presque une demi-heure d’interruption du match) et en dehors. Dernièrement, Mujica a décidé de retirer la police des stades, invoquant le fait que l’Etat n’avait pas à assumer les égarements des équipes. Du coup, pour éviter que les supporters se croisent en achetant leur billet, c’est un jour pour les uns, et un jour pour les autres. Les socios d’abord, les non-socios après. Sachant que le stade peut accueillir 60000 personnes, (5000 de moins pour les clasicos à cause des zones tampons laissées vides afin que les supporters n’aient pas de contact direct) et que chaque équipe à une quarantaine de milliers de socios chacune, bah c’est à la télé que tu mates les clasicos.
Et cela peu importe le lieu où tu te trouves. Dans les supermarchés il y a déjà eu des grèves d’employés pour au moins pouvoir écouter le match à la radio. Lors du dernier clasico je travaillais comme anim’ pour une classe verte. On a même pas eu besoin de négocier avec la dirlo, c’est elle qui est venue nous voir pour savoir s’il y avait moyen de regarder le match!!! Et ce n’était pas pour les gosses hein! C’est elle qui voulait. Et je ne vous raconte pas pendant le match… Nous en tant qu’anims responsables on avait dit aux gamins :  « on peut charrier gentiment, supporter tranquillement, mais pas d’excès ok? ». Premier but de Peñarol, la directrice debout, en train de crier et courir les poings serrés et levés vers le ciel, puis à un élève de 9 ans : « Alors on l’ouvre moins Dieguito!!! Allez Peñarol Pu….. ! Nacional ne vaut rien !». Euh ok… Pédagogiquement bon… cette anecdote montre bien que les hommes n’ont pas le monopole du ballon. Les femmes sont aussi localocas que les mecs. Pour preuve ma tante Angela qui va à tous les matchs de Peñarol, accroche son drapeau au même endroit, qu’il pleuve, vente ou fasse canicule. Son amour inconditionnel a été récompensé par une seconde de gloire wahrolienne dans un docu réalisé par ESPN sur le clásico ( http://www.youtube.com/watch?v=gVDBpOXgdTI à 22:58 la petite brune!).

Quelques mois plus tard, lorsque Dario Ubriaco siffle le début du clásico suivant, le 27 avril 2014, je suis bolso (surnom donné à l’équipe et aux supporters de Nacional, traduisez       « poche », ils en avaient en effet une sur leur veste au début du siècle). Le match, on le mate à Solymar, banlieue de Montevideo, chez de la famille. Là-bas, père (carbonero, c’est à dire, supporter de Peñarol) et fils (bolso), ne regardent pas le match ensemble: trop risqué. Pendant la rencontre, le téléphone sonne à chaque action, un texto chambreur, des encouragements, des appels auxquels on ne répond pas. Nacional se prend une raclée: 5-0. Cela fait un mois qu’on en parle, et on en parlera pendant des années. 

No se olvida mas

Les supporters jouent gros. En effet, celui qui perd, va vivre, non un lendemain ou une semaine difficile, il va vivre des mois difficiles jusqu’au prochain clasico, en espérant que son équipe le gagne, sinon c’est reparti pour des mois. Tout est prétexte à l’allusion footballistique. T’as peur de parler à une meuf, « c’est parce que t’es une poule », une gallina, surnom « affectif » donné par les supporters de Peñarol à ceux de Nacional. Les autres charrient plus sur le côté sucio ou bruto, difficilement traduisible ; littéralement sale et brute. Vous l’aurez compris Peñarol a une réputation plus populaire, ils mettent les « couilles sur le terrain » comme dirait le poète Rothen. Nacional est plus bourge. Les valeurs affichées et revendiquées sont donc en partie différentes. Ironie de l’histoire, Nacional semble se rapprocher de la vision « anglaise », genre on est des gentlemans, alors que le club est né en opposition à l’omniprésence anglaise dans le foot uruguayen. Au contraire les carboneros surfent sur un côté plus street, quitte à accepter la « fourberie ». Par exemple quand un joueur/supporter va commettre un acte limite voir illicite, la réponse sera «y bueno eso es Peñarol!! », traduisez «c’est ça Peñarol !». Il ne faut pas croire pour autant que les supporters de nacional sont des bourgeois et ceux de Peñarol des prolétaires. C’est plus compliqué…

L’originalité de ce derby/clasico, est l’absence de véritable quartier propre à chaque équipe. Certes Peñarol tient son nom d’une des zones de Montevideo _ l’entreprise Central Uruguay Railway Company of Montevideo crée en 1891 le club de Central Uruguay Railway Cricket Club, qui deviendra en 1914 Peñarol, en référence au lieu où se trouve l’entreprise britannique _ mais son public est bien plus large. Nacional est né en réaction à l’absence de véritable équipe criolla, de la fusion du Montevideo Football Club et de l’Uruguay Athletic Club. Par exemple Peñarol, à sa création, était composé de 72 britanniques, 45 uruguayens et un allemand. Ainsi des étudiants décident de créer le premier club véritablement uruguayen, le Club Nacional de Futbol. Les couleurs sont un hommage à celles du drapeau d’Artigas héro national et le stade du club, le Estadio Gran Parque Central, se trouve là où se dressait la Quinta de la Paraguaya, lieu où Artigas fut nommé « chef des orientaux » en 1811.

En Uruguay, comme dans les autres pays latino-américains, c’est lors de la seconde moitié du XIXème siècle, au moment où le football passe du statut de jeu à celui de sport (avec tout ce que cela comporte en terme de valeurs et d’éthique), qu’il arrive dans les valises des immigrants anglais. Ces derniers, à travers leurs entreprises et leurs réseaux sociaux développent le système des « clubs »; c’est d’abord en interne, entre les membres/adhérents, tous anglais, que se jouent les premiers matchs de foot. Il faudra attendre 1881 pour que se joue le premier match entre deux clubs différents : le Montevideo Rowing Club contre Montevideo Cricket Club. Tous deux des clubs multisports élitistes anglais. Dix ans plus tard, sous l’impulsion du « padre del futbol uruguayo », un prof venu d’Angleterre, William Leslie Poole, ses élèves, dont Henry C. Lichtenberger, créent le premier club uniquement de football, l’Albion Football Club.

Bienvenidos a maeso

Les 90’s seront le théâtre de la première vague de démocratisation du foot en Uruguay ; de plus en plus de jeunes de différents secteurs sociaux s’y adonnent. Il devient un phénomène de plus en plus important, à la fois comme spectacle et comme pratique. Fleurissent plusieurs clubs spécialisés dans la pratique du foot, clubs ouvriers, religieux ou régionaux principalement. En 1900, la « Uruguay Association Football League» est créée ; preuve de la main mise qu’ont encore les anglais sur le sport. C’est elle qui organise les premiers championnats. Au début tout cela est cantonné à la capitale, le même processus, développement de clubs puis de ligues, se reproduira ensuite département par département.

Plus de cent ans plus tard, l’influence anglaise ne se limitent plus qu’au nom de certaines équipes comme le Montevideo Wanderers Fùtbol Club (hommage des créateurs aux  « Wolves » du Wolverampthon Wanderers Football Club), Club Atletico River Plate ou le Liverpool Fùtbol club (homonyme des reds qui joue en… noir et bleu!). Le jeu physique, le bon jeu de tête et cette manie d’envoyer des balles longues dans la surface étaient peut être également dans le forfait héritage… En tout cas la league est devenu federacion et je peux avancer sans trop de risque qu’aucun anglais ne foule les pelouses du championnat professionnel uruguayen ( le fait que la reine d’Angleterre soit encore aujourd’hui la chef de l’Etat canadien ne fait pas de l’attaquant argento-canadien de Fénix, Lucas Cavallini, un anglais à Montevideo ; idem pour l’australo-uruguayen Richard Porta).

Comme l’indianisation du cricket décrite par Appadurai dans « Après le colonialisme. Les conséquences culturelles de la globalisation », le football, malgré la FIFA, l’internationalisation de certaine compétitions, équipes et figures du monde du foot, s’est adapté partout où il est allé et possède une réalité construite distincte dans chaque continent, pays, région, ville, quartier, club (mais aussi classe sociale et famille). En Uruguay, le football comme spectacle et pratique, a joué un rôle déterminant dans l’intégration, et cela à tous les niveaux. Au niveau national d’abord ; dans un pays où la part des étrangers montaient à 17,4% en 1908, et où les locaux s’étaient fait la guerre pendant un demi-siècle, le ballon a permis d’arrondir les angles. Il a surtout permis de fédérer une nation de moins d’un siècle autour d’une équipe nationale qui se révèlera être l’une des meilleures de la première moitié du XXème siècle. A travers elle, c’est une identité qui se forge, une couleur, la celeste (bleu ciel), un état d’esprit, la garra charrua (la griffe charrua) et toute une mythologie, ce que Bhabha appelle la «narration nationale». Elle a également permis de légitimer l’identité uruguayenne auprès des voisins géants.

club de punta carretas

Malheureusement pour l’Uruguay, « ex Suisse de l’Amérique latine » au passé glorieux, la seconde moitié du XX siècle n’a été que malheurs et faux espoirs pour le pays et sa sélection. L’âge d’or, que beaucoup n’avait pas connu, symbolisé par le Maracanazo, est révolu. Cette victoire en finale de la coupe du monde contre le Brésil, chez lui, en 1950, qui pesa longtemps sur les épaules des nouvelles générations. Aujourd’hui ça va mieux, pour le pays et sa sélection. Un peu comme l’équipe de France qui ne gagne des compétitions qu’avec un gouvernement de gauche au pouvoir, du coup dommage pour cette année les bleus… (oh là là! Et ouais je suis un ouf !). L’Uruguay a fini quatrième du dernier mondial et gagné la dernière Copa America. Quand la celeste joue, toutes les querelles partisanes sont oubliées, et c’est tel un seul homme que le peuple uruguayen encourage son équipe. Alors oui ils la critiquent. Beaucoup même. Peut-être même plus qu’en France! Mais jamais comme en France. Ici, on se rend compte de l’absence de « culture foot » française. Par exemple « Tuya Hector » une expression uruguayenne pouvant se traduire par « maintenant à toi de jouer », provient de l’avertissement lancé par Tito Borjas à Héctor « el mago » Scarone, lorsqu’il lui délivrait une passe qui deviendrait décisive quelques instants plus tard, lors de la finale olympique à Amsterdam en 1928 contre le rival Argentin. Cette phrase est devenue une expression, qui a presque un siècles et est toujours utilisée. Chez nous à part deux trois lecteurs anciens collectionneurs des images à découper onze mondiale, personne ne te comprends lorsque tu lâches un «muscle ton jeu Robert»… En parlant d’images, on trouve depuis quelques semaines, des sortes de banques ambulantes de cartes paninis toutes les deux esquinas. Et c’est pas des gamins qui font la queue! Hier la côte du Cavani était à quatre Forlan ; celle de Neymar Jr. à trois Messi (on déteste tous les argentins ici!) et, malgré sa blessure, celle de Suarez est… incalculable. Je pense sans exagérer qu’on peut s’acheter une baraque avec vue sur la rambla avec.

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L’importance du foot ne se limite pas au niveau national. De par l’organisation sociale, héritage des clubs anglais, chaque équipe, pro comme amateur, de jeunes comme de vieux, a son propre terrain (sauf Peñarol… hahaha ! Brrrrrah!). C’est pas comme à Paris, où dix équipes différentes se partagent les mêmes stades municipaux. Ainsi l’ancrage des équipes dans le quartier est plus grande, et chaque stade, aussi humble soit-il, arbore fièrement l’écusson de son club, au lieu du panneau bleu et blanc « Stade municipale Jules Ladoumègue – Place de la Porte de Pantin » Mairie de Paris (dédicace au SC Solitaires Paris 19ème et non à cette mascarade qu’est le FC Solitaires, fusion du FC Paris 10 et du Glorieux SC Solitaires Paris 19ème!!!). Comme le disait si bien le nigérien, catalan, espagnol, européen dans l’auberge espagnole de Klapish, on a plusieurs identités qui peuvent se superposer et même parfois se contredire. D’ailleurs, bien des hinchas des deux grands, Nacional et Peñarol, supportent d’autres équipes, à moindre mesure, même en première division.

estrellas del sur

L’importance du foot est ici flagrante. Déjà visuellement. Dans la rue, impossible de faire cent mètres sans voir une personne avec un maillot de foot, une télé avec un match de foot, une fenêtre avec le drapeau d’une équipe de foot, un journal sans un titre sur le foot, et les graffitis… A la radio, ils développent plus les informations footballistiques que le reste, pareil à la télé. Et que dire de la culture foot des gens. « Ah t’es français… Platini, Zidane, sans vrai numéro 10 vous ne gagnez rien! Sinon, je suis content que Nantes soit remonté en Ligue 1, un monument du football français ne pouvais rester en L2… Et tu supportes qui ? Auxerre ?! Ah… Bah courage… », Mauro, 11 ans.

Pour revenir sur l’identité, il semble important pour les uruguayens de savoir pour qu’elle équipe tu « es ». De plus, consciemment ou non, la question n’est jamais claire, qui je supporte ici, ou d’où je viens. En général c’est la troisième question, « ça va ? tu t’appelles ? t’es pour qui ? ». Euh, hein… Quoi ? Vous imaginez Goyette… Et lorsqu’elle répond, poliment bien sûr, que le foot… bah elle s’en fout un peu, l’uruguayen (oui je généralise, il y a quelques uruguayens qui s’en foutent aussi du foot) n’essaye pas de te convaincre « mais le foot c’est la vie ! », ou s’esclaffer quoi tu t’en fous du foot !!! Non, il reste en général silencieux et souriant, te scrutant un instant, comme si l’absence de cette information nécessitait une concentration majeure sur d’autres détails afin de mieux cerner le personnage que tu es; puis il tourne la tête, déçu. Depuis, Goyette répond qu’elle supporte Toulouse, le TFC, ce qui permet d’enchainer la discussion sur le TFC d’ici, le Tacuarembo Futbol Club

Le foot s’immisce vraiment partout. On a fait un test. Si vous voulez essayer c’est facile. Prenez un uruguayen ou une uruguayenne (bon faut trouver, c’est la partie la plus dure du test !). Enfermez-vous avec lui ou elle dans une pièce où rien n’évoque le foot et commencez à parler. Fixer comme règle de discussion l’interdiction de parler foot. Au bout d’un moment, c’est scientifique, vous aller avoir l’impression qu’il parle d’un match de foot, alors que non. Exemple. « A esta altura del partido», (traduisez : à ce niveau-là du match) s’emploie généralement pour évoquer un moment avancé d’un processus. Mon oncle Pino, lorsqu’il parle de sa vie, emploie allègrement cette formule. « A ce niveau-là du match, la révolution je la laisse aux jeunes » pourrez-vous l’entendre dire si vous plantez un jour votre tente au camping Las Flores. « Bajar la pelota al piso », « es un penal », « un goal en contra » ou « ponerla en el angulo” sont d’autres exemples de ce jargon footbalistique totalement incorporé au langage commun. Cela veut dire qu’en parlant de n’importe qu’elle sujet avec un uruguayen vous risquez d’être confronter à des phases du type « à ce niveau-là du match, ne pas descendre la balle à terre c’est un penalty assuré, et là t’es sur de pas la mettre dans la lucarne, au contraire c’est un csc ». Euh… on ne parlait pas de la politique de Mujica là?

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A la fac, pas un cours sans que le ou la prof fasse une référence footballistique. L’appel lors du premier cours afin de mettre des visages sur des noms a été un véritable cours d’histoire du foot uruguayen. « Canobbio? comme le défenseur de Danubio? ». «Oddine? Comme les frères Oddine du Defensor du Prof. De León!». En cours de « Carnaval et sa gestion patrimoniale », le prof Nery González (oui comme le joueur de l’Athletico, dit «cebolla», l’oignon, parce qu’il fait pleurer ses adversaires !), nous a raconter comment la ville a, en 2006, organisé, avec le musée du foot et Coca-cola, le concours appelé « En busca del arco perdido » pour retrouver le centre du terrain de foot où a été joué le premier match de la première coupe du monde de foot. Ce stade était «El Field de los Pocitos», l’ancien stade de Peñarol, et son centre se trouvait à l’angle de la rue Charruá et rue du Colonel Alegre, là se trouve un monument (nommé « cero a cero y pelota en el centro) et une plaque commémorative. Un peu plus haut sur la rue, se trouve un autre petit monument, indiquant le lieu où se trouvait la cage de laquelle Lucien Laurent fit trembler les filets à la 19éme minute de France/Mexique du 13 juillet 1930, faisant de lui l’auteur du premier but de l’histoire de la Coupe du Monde de football. Le monument s’appelle «Donde duerman las arañas».

A la veille de la coupe du Monde chez le voisin brésilien, le pays hésite entre espoir, fierté et humilité. Le souvenir de 1950 n’a jamais été aussi présent, l’ambiance monte petit á petit, les drapeaux, les maillots et les banderoles fleurissent un peu partout dans la ville. Encore plus que d’habitude… Ca va être fou, enfin si l’Uruguay passe au moins le premier tour, sinon ça va être une sorte de badtrip national, j’ose même pas imaginer… Depuis un mois au supermarché il ne passe que des chansons sur la celeste, comme l’historique «Cuando juega Uruguay» de Jaime Ross. Bref il fallait pas me lancer sur le foot, je pourrais continuer sur des pages et des pages!!! Mais «a esta altura del partido» doit plus avoir un seul lecteur… Toi lecteur (ou lectrice) qui a tenu jusqu’ici, félicitations! Du coup je vais donner le coup de sifflet final de l’article, désolé pour les prolongations, au moins je vous évite la séance de tirs au but. Bonne coupe du Monde et… Uruguay que no ni no!!!!

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