Dune 3

Pérou: Walk the Nazca lines

Nazca. C’est la veille, à Camana, que nous avions décidé de nous y arrêter. Suite à l’« incident » du stop, nous ne nous sentions pas d’enchainer direct, nous avons donc opté pour le bus. Au préalable nous avions contacté Edgard, ou Edgardo, par CouchSurfing (CS). «  Je ne serai pas là (nous : et merde…), mais pas de soucis (hein ?),  vous pouvez venir quand même il y a d’autres CS, ma maison se trouve … TOP SECRET … frappez fort sur la porte et ils vous ouvriront (euh ok…) moi j’arriverai sûrement jeudi, saludos ! ». Un ange CS…

Après le car et un petit taxi une fois arrivés à Nazca, nous nous retrouvons donc à frapper du poing sur une porte en fer blanche. Il doit être 23h. Un viking de presque deux mètres nous ouvre, « hola, i’m Matias, welcome ! » puis nous mène à notre chambre. Oui vous avez bien lu notre propre chambre! Après avoir posé nos affaires, nous montons sur la terrasse où Igor, un autre allemand (ah oui le viking était en fait un visigoth… ça se ressemble quand même!), parle avec un uruguayen, Alejandro, et un péruvien, Jorge. « Vous voulez un verre de Pisco Sour ? J’allais en préparer..», « avec plaisir frère d’outre-rhin, ‘’danke ! ‘’ » ; un verre du délicieux breuvage à la main j’ai senti direct que nous allions nous plaire ici… et en effet, les deux trois jours prévus se sont transformés en une semaine!

La panaméricaine qui nous a amené à Nazca...

La panaméricaine qui nous a amené à Nazca…

Nazca, vue de haut!

Nazca, vue de haut!

Edgardo, le maître de maison, est un astrophysicien péruvien _ parenthèses : vous avez vu comment ces deux mots ne vont pas ensemble? Pêcheur péruvien ça colle ; astrophysicien visigoth, parfait! Astrophysicien péruvien… pchiiiit ! Ça sonne bizarre pour ne pas dire étrange…  Passons… Edgardo est donc un habitant du Pérou qui a étudié les lois physiques concernant les astres spatiaux et qui a plus d’histoires à raconter qu’il n’y a d’étoiles projetées sur le mur arrondi du planétarium de Nazca ; où soit dit en passant il tient quotidiennement trois conférences sur les fameuses lignes (une en espagnol, une en français et une in english !!!). La cinquantaine bien tassée, et un peu seul paraît-il, le monsieur est une star de la communauté CS, plus de 200 commentaires (tous positifs) et une décennie d’expérience. Edgardo est au CS ce que The Undertaker est au WWE. Une légende vivante.

Lorsque vous restez un peu plus de trois jours dans un endroit au Pérou et que vous prenez le temps de plonger un peu plus en profondeur dans les eaux « claires » de l’Histoire officielle, plusieurs préjugés s’écroulent. Tout d’abord il devient évident que les Incas n’ont fait que récupérer toutes les connaissances des dizaines de civilisations qui les ont précédées et qui avaient fait des trucs méga plus balèzes qu’eux n’ont jamais fait. Les moches, les huaris, les mochicas, les pucaras, les chavins, les titihuanacos ou encore les paracas, j’en passe et des meilleurs! Le Machu Pichu? Ils l’ont récupéré. Qhapaq Ñan? Pareil… La Ville sacrée de Caral Supe ? C’est pas eux… la cité en adobe (terre cuite) de Chan Chan ? pas eux non plus… En fait prenez la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et rien n’a été fait par les incas… bande d’imposteurs! A Nazca, on peut même voir des aqueducs pré incas qui ramenaient l’eau des Andes dans le coin, certains fonctionnent toujours!

Deuxième chose, vous vous rendez compte que la moitié de ce qui est présenté comme certitude par les guides n’est que supposition!!! Ça finit les trois quart du temps par « les archéologues pensent que… mais ils ne sont pas sûrs ». En seconde, Victor Terrine avait osé dire tout haut en cours d’Histoire Géo, alors que la prof répondait carrément à côté d’une question, « laisse tomber elle ne sait pas ! ». Pauvre madame (mademoiselle pardon) Pujo-Callas… Bah là c’est pareil. Ils ne savent pas ; pas même pas d’où sont venus les incas. D’Amazonie ? Du sud des Andes? De l’Atlantide ?  Et très vite les eaux obscures et troubles de la parahistoire deviennent attirantes… On a retrouvé dans les cartons de Goyette à Valle de Bravo, Etat de Mexico, Mexique, un vieux bouquin de Robert Charroux  L’énigme des Andes ; et bien ça fait réfléchir et/ou fantasmer, même s’il part un peu en sucette et fonde ses théories sur les pierres du Dr. Cabrera qui seraient en fait des fakes. Mais pour une certaine logique un poil contradictoire, qui dit aveux de supercherie dit en réalité mise sous silence de preuves et/ou indices… la vérité est ailleurs messieurs dames. La vérité est ailleurs. En même temps on dirait qu’ils font exprès les guides officiels, « ça on ne sait pas ce que c’est, ça devait être religieux ». Et pour les lignes de Nazca ce n’est pas mieux…

Les lignes.....complètement fou à voir!!

Les lignes…..complètement fou à voir!!

Les lignes donc. Ah la la la, les lignes! Enfin les géoglyphes. C’est fou! Nous avons hésité à les survoler, pour une seule et bonne raison : le prix. Puis nous nous sommes dit que de ne pas le faire ç’eut été comme aller jusqu’à Vegas et ne pas rentrer mettre un dollars dans une machine à sous d’un casino ni aller voir chanter Céline Dion. Impensable. Surtout que qui sait si nous allions avoir une seconde opportunité de le faire. En général les gens vont d’abord sur les miradors, puis à la conférence d’Edgardo histoire de faire monter la pression, et le lendemain matin, lignes! Nous nous avons tout fait à l’envers! Lignes, miradors, conférence…  Info importante, toujours avoir au moins une photocopie de son passeport, sinon les bus ne vous acceptent pas. Avant les lignes nous sommes allés faire un tour au cimetière de Chauchilla. Une nécropole datant du… ils ne savent pas bien en réalité! Evidemment. La majorité pense qu’il s’agit des huaris, mais d’autres pensent que ce sont des nazcas finalement. Bref… Chose certaine sur les momies, elles ont la classe. Certaines ont des dreadlocks super longues et des ponchos stylés. A quelques siècles près ils auraient été au top de la mode. Dommage… Surtout qu’à en croire les dires du guide, leurs vies n’étaient pas des plus funky. Du genre à ne manger que des patates, du maïs et du manioc, et donc à souffrir de graves problèmes osseux. Sans parler du manque d’eaux et d’animaux de compagnie…  VDM.

Paysages autour de Chauchilla...

Paysages autour de Chauchilla…

momie chauchilla

Momies…brrrr!

C’est Walter, notre guide, taxi et conseiller touristique, qui je pense nous a donné le dernier coup de pouce nous poussant à « voler ». L’Ugy les bons tuyaux de Nazca a la tchatche et la négoce facile. Il nous a fait le classique « ne dites pas combien vous avez payé aux autres car à vous je vous ai fait un prix » laissant tous les gringos heureux de ne s’être pas fait arnaquer et impatient de pouvoir se la raconter face à la prochaine australienne dans la prochaine auberge de jeunesse. La flatterie parfaite à destination de l’occidental, celle qui caresse son portefeuille et son égo et qui le fait sentir un tant soit peu spécial et unique au milieu de ses semblables. Car pour paraphraser Laurent Chalumeau dans Uptown (une super recompilation de ses meilleurs articles lorsqu’il était correspondant aux USA pour Rock& Folk), le plus dur lorsque l’on est né dans le bagou de Louisiane ou à Nazca au Pérou, c’est que tôt ou tard vous y croisez « des cochons de touristes qui vous rappellent brutalement que vous en êtes un autre ». Un italien nous avait accompagné voir les momies, et il ne voulait pas balancer combien il avait payé. Le bougre était passé par une agence, grave erreur. Si un jour vous voulez survoler les lignes aller directement à l’aéroport et négocier là-bas, à nous ils nous ont fait payer moins cher que le tarif habituel mais nous ne devions pas le dire aux autres passagers  par ce que… et merde… Sérieusement, nous avons payé 60 US $, pour un avion six places et 35 minutes de vol. Une autre CS qui était à la maison a aussi payé ce tarif, une chinoise, donc si elle a payé 60 c’est qu’il était impossible de payer moins. Humour, ça va je ne suis pas raciste j’avais des amis asiatique en primaire!

Survol des lignes...plein les yeux numéro 1!

Survol des lignes…plein les yeux numéro 1!

Une demi-heure magique! Ça secoue un peu le ventre (ne pas petit déjeuner et prendre une pilule avant est également recommandé), l’avionnette se penche genre à 180° de manière à ce que l’on puisse bien voir les figures, à gauche… puis à droite. Si les dessins sont impressionnants (ils vont montrent les quinze principaux mais il en existe des centaines sur plus de 500km²!!!) ce sont les formes géométriques et les lignes, les milliers de lignes, qui troublent le plus. L’ensemble semble avoir une logique mais celle-ci défie notre perception des choses. Il est impossible de dater la confection de ces tracés. Mais plusieurs centaines d’années séparent le traçage des plus anciennes lignes avec les plus récentes. Leur utilité et leur signification est également un mystère, depuis que la thèse d’un calendrier astronomique (défendue par la sainte de Nazca : Maria Reiche, une allemande qui a dédié sa vie aux lignes) a été écarté, on s’en tient au traditionnel  «on sait pas , ça devait être religieux » ou encore cela suit les cours d’eau souterrains…mouais…

Le plus incroyable..d'énormes parfaitement rectilignes recouvrent tout le désert de Nazca...

Le plus incroyable..d’énormes lignes parfaitement rectilignes recouvrent tout le désert de Nazca…

lignes (3)

lignes 2

Survol des lignes: plein les yeux numéro 2!

Survol des lignes: plein les yeux numéro 2!

Plein les yeux numéro 3!

Plein les yeux numéro 3!

La semaine à Nazca n’a pas que tournée autour des lignes. Nous avons pu aussi nous reposer, bouquiner, boire de la bière et des Pisco Sour, mater des films dont Même la pluie (Tambien la lluvia) avec le beau Gabriel Garcia Bernal, qui nous a permis de repenser un peu notre passage en Bolivie et à Cochabamba (où se déroule l’action du film) et les relations occident(aux)/bolivie(ns), et Amérique latine en général, qui vous l’aurez compris, me travaillent un chouya. Le temps aussi de connaître d’autres histoires de vie. Celle d’une chinoise qui a quitté l’Empire du milieu depuis plus de deux ans, qui est tombé amoureuse de Paracas et se dirige vers le Chili ; celle d’Igor, un allemand venu faire du volontariat dans une ONG travaillant avec des enfants, sauf que les promesses de logement décent chez l’habitant, de travail en équipe et de suivi de la part de la structure d’accueil étaient de gros mythos! Ah oui c’est le genre de volontariat où tu payes pour le faire. Heureusement qu’il a trouvé refuge chez Edgar, il vivait avant dans une pièce avec un matelas sans internet ni téléphone. L’histoire d’un uruguayen qui a lâché son poste de prof pour un voyage d’un an sur le continent latino-américain avec comme vague objectif la visite d’un pote au Costa Rica. Enfin celle du visigoth qui nous a ouvert la porte et qui se dirige vers le Canada… à vélo! Le genre de gars qui fume 40 clopes et ne met pas de crème solaire, car « tout ça c’est dans la tête, si tu dis que ça va rien te faire, ça va rien te faire ya ». Le géant aux yeux bleus et aux longs cheveux blonds basait sa théorie sur la vie de Dwight D. Eisenhower ; Ike fumait quatre paquets de clopes par jour et buvait quinze tasse de café, « et le gars est mort à plus de 80 fucking années ya ! ». En fait que 78 mais bon… Puis il y a celle d’Edgardo, mais ça vous irez vous-même lui demander.

Ascension du Cerro blanco...

Ascension du Cerro blanco…

Ce sont nos colocs de fortune qui nous ont soufflé à l’oreille l’idée de monter le Cerro Blanco, l’une des plus hautes dunes du monde (2078 mètres). Au cas où vous l’auriez oublié, Nazca est au milieu d’un désert, un des plus arides du monde d’ailleurs (il n’y pleut que quelques minutes par an). Du coup départ à 4h du mat’ en taxi, histoire de ne pas mourir de chaud, le bas de la dune est à 20 bornes de la ville. On débute la montée de nuit et sans lampe qui est restée à la maison…la feignasse! Alors que le soleil mène tranquilou son ascension dans le ciel, jouant avec la couleur des montagnes et des nuages, nous grimpons à vue d’œil, il n’y a pas de réel sentier tracé. Les gens montent en général pour redescendre en surf des sables. Etant plus maté que redbull nous voulions juste voir là vue d’en haut. Une fois sur la dune, nous réalisons sa taille, plusieurs kilomètres de long et de large… « Marcher dans le sable », bizarrement c’est une chanson de De Palmas qui me vient à l’esprit face à la splendide vue, « je n’ai qu’une seule vie »… Nous nous promenons au milieu de la faune, des papillons et des chenilles principalement, et de la flore locale. D’ailleurs c’est étrangement assez vert une dune…

Petite chenille qui grimpe comme nous!

Petite chenille qui grimpe comme nous!

La DUNE!

La DUNE!

Vue du Cerro Blanco...7h du mat!

Vue du Cerro Blanco…7h du mat!

Marcher dans le sable...!!

Marcher dans le sable…!!

Après quelques jeux dans le sable, la chaleur nous invite gentiment à redescendre, nous décidons de passer par un autre chemin, à vue d’œil encore. Une superbe dénivelé de deux kilomètres ; synonyme de quelques chutes. Rien de grave je vous rassure. Le soleil est haut, heureusement nous avons de l’eau en abondance et un délicieux jus de goyave ; Goyette est devenue doctor es fructus sucus. Sans le savoir nous traversons le terrain d’une mine « artisanale », c’est-à-dire qui n’est pas exploité à l’aide de machine. Les mineurs travaillent à coup de pioches et de dynamites, et ne payent pas d’impôts! La région serait riche en minerais et or notamment. En sortant de la zone nous apercevons un panneau « interdit d’entrer : sous peine de tir au fusil »…. Gloups… Une fois sur la route au milieu de nulle part un gros camion nous ramasse et nous dépose à l’entrée de la ville de Nazca. Nous pensions décoller le jour même de Nazca, mais nos jambes n’étant pas d’accord nous avons opté pour après-midi sieste/film (Zombeaver, un chef d’œuvre…).

Repos, aventures, mystères, pisco sour, rencontres, soleil… Cette petite semaine de vacances des plus agréables au milieu de notre route vers le Mexique nous a encore fait prendre du retard… « Maintenant on trace hein ! » « Ouais grave ! ».  La chinoise nous ayant parlé d’un hôtel à 5 soles la nuit (genre 1,2 US$) à Paracas nous décidons de nous y rendre. Mais, comme vous le verrez dans le prochain épisode,  il ne faut jamais se confier à un chinois… Mais je ne suis pas raciste, j’ai des amis asiatique je vous dis!

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