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Navajo Nation: la terre des peaux rouges

Nous avec Uncas on kiffe les indiens d’Amérique du Nord. Pas en mode le bon sauvage, recherche d’une authenticité perdue, délire de reconnexion avec la pachamama (quoique…) ou de faux exotisme à la mords-moi le noeud. Non, non on n’est pas comme ça non plus eh oh ! Mais ouais ça nous passionne. Uncas se dit moitié charrua, moitié irlandais et est sans cesse en quête de ses frères indigènes et moi ma reum est une passionnée, dans mon appart quand j’étais petite y’avait des photos de Sitting Bull et de Chef Joseph sur les murs et plein de gros bouquins avec en première page des monsieurs avec des plumes sur leur tête. Ça marque. Bref ! autant vous dire que quand on est entré dans la Navajo Nation, on a juste trop kiffé. J’ai commencé à réfléchir à de possibles sujets de thèse que je ne ferais jamais, Uncas à parler des heures sur ses origines amérindiennes… bref on était dedans quoi… Et puis l’adrénaline a eu le temps de monter car on est rentré par le sud-est de la réserve (plus ou moins hein) et après ce sont des kilomètres et des kilomètres de désert qui se sont enchaînés jusqu’au premier « bled ». Des heures de route…avec en toile de fond une terre rouge, des montagnes et mesas (surface plane et horizontale qui s’élève au-dessus du plan moyen du relief) qui donnent un peu de relief (justement !) à ces gigantesques espaces vides.

utah road

Faut savoir que la réserve navajo est la plus grande de tous les Etats Unis, qu’elle s’étend sur trois états (Arizona, Utah, Nouveau Mexique) sur plus de 70000 km carrés et que 300000 personnes y vivent. Sur plein de panneaux il est écrit que ses habitants doivent obéir à trois lois : nationales, fédérales et celle de la réserve. Réserve qui n’est d’ailleurs jamais appelée réserve mais plutôt territoire ou « navajo nation » in english please. D’ailleurs les navajos ne s’auto définissent pas navajos mais Dinés (le peuple). Leur langue est tellement complexe que le gouvernement US l’utilisa pendant la guerre du Pacifique afin de d’empêcher les japonais de déchiffrer les messages envoyés. Autant vous dire qu’on a rien retenu !

navajo nation law

En tout cas, c’est magique. L’ambiance, le rêve qui se réalise un peu, la terre rouge, la route toute droite…on est aux anges. Rien ne laisse transparaitre que sur ces milliers de kilomètres carrés environ mille mines d’uranium ont été abandonnées (en 2005 la nation navajo a interdit toute extraction d’uranium sur ses terres) sans que les entreprises décontaminent les sols. Ces sols sur lesquels les moutons pâturent, l’eau s’écoule et les enfants jouent. Nice. Vous imaginez bien sûr ce qui s’en suit : cancers, maladies diverses démultipliées chez les jeunes etc…Et oui…ironie de l’histoire : les colons cherchaient à l’époque des terres fertiles et c’est pour ces dernières qu’ils ont déplacés de force des milliers d’indiens à travers les Etats Unis et ont créé les réserves souvent sur des terres arides et peu cultivables. Mais il s’est avéré que le sous-sol était rempli d’uranium, de gaz et de charbon (on pense là à Black Mesa (chez les Hopis) dont le nom vient de la couleur noire donnée par le charbon…et qui est encore exploitée aujourd’hui par la géante et TRES controversée Peabody Coal…je vous laisse regarder par vous-même). Pire encore aujourd’hui, les grosses boites d’enc…. (excusez-moi le terme) arrivent avec le fracking. Le tableau est franchement pas joli. Et il n’y a pas qu’ici que ça arrive malheureusement. Por suerte pas mal de gens se mobilisent mais vous savez bien que face à ce genre de sales types c’est souvent pas gagné. En attendant, c’est guéguerres entre Hopi et Navajos, pénétrations sur des territoires considérés comme sacrés par les populations, négociations sous la table, populations qui vivent de plus en plus dans les villes, Flagstaff et Phoenix notamment, et se sentent de moins en moins concernées, corruption des dirigeants du Conseil tribal etc etc qui sont monnaie courante dans la réserve. Snif snaf snouf. Un vrai casse-tête. Pire c’est le bordel quoi autant le dire. Et puis en tant que touriste tu ne vois pas grand-chose. Tu visites tes machins, traverse des déserts, t’émerveilles à chaque kilomètre et zioup là. Difficile de se faire une idée si tu ne squattes pas un minimum dans le coin.

monument valley 3

Bref. Malgré tout ça, je crois que je me suis pris la plus grosse claque de ma vie devant le Canyon de Chelly. Une vraie merveille naturelle. Le genre de merveille qui te fait dire que Dieu existe et que toi, tu fais partie d’un tout, en parfait harmonie avec la Nature, avec toi-même, les oiseaux, les plantes et les ratons laveurs. Vous allez vous marrez en lisant ça mais en fait je m’en fous. Ceux qui ont déjà ressenti ça comprendront et les autres j’espère que vous le vivrez un jour. C’est une expérience unique, tellement unique et remplie d’émotions et d’amour que j’en ai versé quelques larmes. Love à tous. Si, si. Enfin bon. Uncas n’a pas ressenti du tout ça lui, donc ça doit être très très personnel comme truc. N’empêche qu’on était presque tout seul au Canyon de Chelly et que c’était juste un truc de ouf. Les couleurs, la perfection du creusement de la roche, le contraste du vert des champs au fond du canyon avec les parois rouges, les maisons en contrebas… C’est indescriptible, une des plus belles choses que j’ai vu dans ma vie. Si j’avais pu rester plus longtemps j’y serais restée mais comme on était hors saison (enfin on pense que c’était pour ça…mais pas sûrs !) pas mal de trucs étaient fermés, des magasins abandonnés sur la route, des maisons sans vies…Un peu chelou comme ambiance. On a essayé de demander un peu pourquoi à un mec qu’on a pris en stop là-bas mais on ne comprenait strictement rien à son anglais. Mais vraiment rien. Il avait un accent chelou entre l’irlandais, l’anglais et le mexicano tu vois. Ça faisait un mélange carrément vener le truc. Bref, après le Canyon de Chelly on a tracé au fameux fours corners, lieu où se rejoignent les états du Colorado, Nouveau Mexique, Arizona et Utah. C’est assez spé comme endroit (pas la peine de faire un détour pour y aller hein !!) et moitié abandonné avec des mecs qui vendent des bijoux…zarbi et ça casse pas 4 pattes à un canard.

navajo nation 2

Canyon de chelly!

Canyon de chelly! Magnifique 1

Magnifique 2

Magnifique 2

Les maisons au fond du canyon

Les maisons au fond du canyon

Four corners!

Four corners!

Big parenthèse : en parlant du chiffre 4 (ouais je fais des connexions comme ça complètement folles, hyper travaillées tout ça…)…ce chiffre est super important pour les navajos car il y a 4 saisons, 4 montagnes qui délimitent le territoire navajo, 4 directions…Profitons-en pour dire aussi que le thème principal de leur philosophie est l’obtention de l’Hozho, ou l’association de la beauté, l’équilibre et l’harmonie. C’est un des mots les plus importants de la langue navajo. Et je pense que c’est exactement le mot que je cherchais pour décrire mes sentiments face au Canyon de Chelly…New age power !

Magnifique 3!

Magnifique 3!

En tout cas ce qui casse 4 pattes à un canard c’est les paysages du sud de l’Utah qu’on a traversé pour aller à la Monument Valley. Vous la connaissez tous si vous avez déjà mater des westerns mais en vrai c’est carrément plus magnifique. Une route fait un peu le tour de la vallée et tu te retrouves au milieu des mesas, en mode cowboy et c’est juste tip top méga top top. Il y a une petite rando à faire et personne ne l’a fait alors que ça vaut trop le coup pour te donner le temps de t’imprégner de la magie du lieu et de son énergie. Ouais vous allez prendre pour une folle mais j’étais complet crazy dans la navajo nation moi je l’ai vécu à fond le machin attends… Sauf quand on a décidé de ne pas camper dans la Monument Valley (alors qu’on avait trop envie !) pour aller fêter Halloween à Page, petite ville à la frontière de l’Utah et au bord de la Navajo Nation et qu’en fait c’était tout pourri, qu’il n’y avait personne dans le rues et qu’on a bouffé dans un resto tout seul !! (je vous jure je crois que ça ne m’étais jamais arrivé). Là j’étais moins à fond.

Monument Valley!

Monument Valley!

Magnifique 4!

Magnifique 4!

Magnifique 5!

Magnifique 5!

Mais ne parlons pas de chose qui fâche, car on était vraiment vraiment vraiment déçus d’avoir loupé notre Halloween alors qu’on était aux States quoi !! Trop pas drôle ! Trop pas drôle non plus le beaucoup trop reuch Antelope Canyon ou Tsé bighánílíní dóó Hazdistazí en Navaho ce qui signifie « le lieu où l’eau coule à travers les rochers » (pas compliqué les mecs !!!) à 8 du mat. Ce canyon, un des plus photographiés dans l’ouest des States, est assez particulier en ce qu’il est : 1) blindé mais alors blindé de visiteurs, 2) pas visitable sans guide navajos donc sans groupe…., 3) que c’est vraiment beau seulement quand la lumière est parfaite (vers 11h, 12h en général) et que pour ça il faut réserver des semaines à l’avance…. On s’est complet planté sur ce truc, ça nous a juste pété les c…. et les photos sont merdiques mais je vous en mets une quand même histoire de.. Mais imaginez notre tronche quand on a visité un truc tout sombre et noir alors qu’on nous avait dit que les couleurs, oranges, jaunes et même parfois rouges (!)étaient magnifiques. Trop l’arnaque le machin. Abusé. Heureusement on s’est rattrapé avec le Horseshoe Bend magnifique virage de la Colorado river, super spot pour pique-nique tranquille et repos pépère à l’ombre des rochers loin des hordes de touristes qui photographient le machin et se cassent. Boostés à mort par la Navajo Nation, on était plus que chaud pour le Grand Canyon où des aventures complètement incroyables nous sont arrivées mais on vous le racontera dans un autre épisode. Bye bye les bambinos ou plutôt devrais-je dire Hágooshį́į́ (je ne sais pas comment ça se prononce ne cherchez pas).

tout flou!

tout flou! mais ça vous laisse imaginer no?

Lake Powell

Lake Powell

Horseshoe Bend!

Horseshoe Bend!

Lake Powell Verson 2

Lake Powell Verson 2

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