MESA VERDE COLORADO

Les parcs nationaux aux USA: toute une histoire!

Nous en avons tous entendu parler, plus ou moins vaguement. Nous les avons tous vu des centaines de fois dans nos vies, la plupart du temps sans le savoir, à la télé, dans des films ou dans le Géo de la salle d’attente de notre dentiste (tiens ça fait plus de quinze ans que je vais pas chez le dentiste… c’est grave docteur ?). Les parcs nationaux des Etats-Unis d’Amérique font l’unanimité. « Grandiose » est un qualificatif souvent utilisé. « Fabuleux » aussi. « Magique » sûrement… Nos concurrents sur le net s’égorgent de superlatifs des plus douteux… Bref les PN, c’est le top! Mais comme nous sommes des oufs, nous, nous allons aussi les critiquer. Par ce que nous sommes français et parce que ces « sanctuaires » naturels (si grandioses soient-ils) ne peuvent cacher le fait que bah des fois le reste du pays c’est pas joli joli… et parfois juste à la sortie du parc!

« Le royaume de Dieu est en toi et autour de toi, pas dans les palais de bois et de pierres, fend le morceau de bois, je suis là, soulève la pierre et tu me trouveras »… Nous pourrions penser que Jésus déclarait ça flamme à la nature et qu’il s’émerveillerait aujourd’hui devant les NP. Mais nous pouvons également penser que notre ami barbu dénonçait tout sanctuaire, naturel ou pas, et que son papa se trouve donc tout autant au fond du Grand Canyon (« grandiose, super, on a été émerveillé !!! »), que dans les eaux de la rivière Animas, dans les états du Colorado et du Nouveau Mexique, qui a été polluée « accidentellement » par l’Agence américaine de protection de l’environnement en août dernier… Vous avez tous vu les photos de la rivière « jaune ».

Tenaya Lake, Yosemite

Tenaya Lake, Yosemite

Un peu d’Histoire

Mais reprenons depuis le début. En 1872 le PN du Yellowstone, Wyoming (nous n’avons pas pu y aller cette fois mais ce n’est que partie remise !), est créé sous la présidence de Ulysses S. Grant . Le premier donc, même si certains insistent pour que l’on rende à Lincoln ce qui appartient à Lincoln ; c’est-à-dire la mise sous protection par l’Etat de Californie des territoires qui deviendront plus tard les PN du Yosemite, du Sequoia et le Mariposa Grove. Mais bon ça c’est pour chipoter hein… ou pour frimer en société. Et si un salopard vous coupe l’herbe sous les bottes en racontant l’anecdote avant vous, dégainez calmement que « si nous rentrons dans ce genre de considération, c’est au président Andrew Jackson qu’il faudrait rendre hommage, car c’est lui qui en 1832 créait la Hot Springs Reservation dans l’Arkansas, c’est-à-dire le premier véritable sanctuaire naturel américain ; même si je vous accorde que le cadre légal n’a pas été clarifié jusqu’en 1877 ». Mais restons sur 1872 et le Yellowstone.

Juste magique,au petit matin en se baladant on a vu des biches courir dans l'eau...magnifique!

Juste magique,au petit matin en se baladant on a vu des biches courir dans l’eau…magnifique!

Les américains adorent les histoires et les raconter en créant des héros. Le pays a ses pères fondateurs, les PN ont également le leur en la personne de John Muir « The Father of the National Parks ». Au Yosemite et au Sequoia fendez un morceau de bois, il sera là, soulevez une pierre et vous le trouverez, entrez dans les shops du Visitor Center, il est partout ! Le natif de Dunbar en Ecosse, naturaliste et philosophe, a bataillé toute la fin de sa vie pour la protection et la création de réserves naturelles. Pour plus de détails vous trouverez plein de bouquins sur lui, de lui aussi (« Un été dans la Sierra »(Nevada), « Voyage en Alaska » ou le magnifique « Célébration de la nature », enfin je l’ai pas lu…) ou des petites bios sur You Tube. Pas la place de en vous faire une ici, mais disons que c’est le genre de mec que tu respectes, une sorte de Thoreau qui a trouvé sa Walden un peu plus loin qu’à un mile de sa maison et qui y est resté bien plus qu’une petite année ; un homme qui arrive à dire et faire ce qu’il pense. Ce qui nous amène au syndrome Bob Marley. Lorsque n’importe qui vous dit « il n’a qu’un amour gars », vous lui souriez et pensez que ce n’est qu’un pauvre hippie perdu… Par contre lorsque Bob chante « One Love », bah vous l’écoutez et vous trouvez ça «beau, tellement vrai finalement, tout simplement pur». Avec John Muir c’est la même ; ses phrases sonnent juste. Extraits d’Un été dans la Sierra :

« 12 juin. Encore une de ces magnifiques journées de la Sierra, au cours desquelles on a l’impression de se dissoudre et d’être absorbé, puis envoyé tout palpitant on ne sait trop où. La vie ne semble ni longue ni courte, et nous ne songeons pas plus à gagner du temps ou à nous dépêcher que les arbres et les étoiles. Voilà la véritable liberté, voilà une excellente et pratique sorte d’immortalité. »

Ou encore :

« Aussi longtemps que je vivrai, j’entendrai les chutes d’eau, le chant des oiseaux et du vent, j’apprendrai le langage des roches, le grondement des orages et des avalanches et je resterai aussi près que possible du cœur du monde. Et qu’importe la faim, le froid, les travaux difficiles, la pauvreté! ».

Le mec méritait bien sa rando à lui. C’est chose faite depuis 1915, date à laquelle l’on commença le traçage du John Muir Trail, une randonnée de 340 km vous menant dans des endroits plus magiques les uns que les autres.

De grands hommes donc, des visionnaires ! Enfin si on y réfléchit un peu plus on se rend compte que c’est aux nombreuses tribus indiennes de l’ouest américain à qui il faut rendre hommage. A peu près n’importe où d’autre dans le monde, les gars se seraient attaqués aux arbres géants pour en faire je ne sais quoi. Si les occidentaux seraient arrivés un peu plus tôt, les sequoias géants millénaires seraient au mieux quiquacentenaires… Autre nuance, avec l’étendue qu’ils ont, les américains ne vont pas non plus se marcher dessus en protégeant des milliers d’hectares. Par exemple la France protège nationalement presque 1% de son territoire (sans compter « La réserve naturelle des terres australes françaises » qui fausse tous les chiffres ; pour plus de détails sur ces chiffres nous contacter !) et les Etats-Unis un peu plus de 2%. Vous me direz que c’est le double, mais l’hexagone et ses colonies, euh pardon ses territoires d’outre-mer, ne possède pas des milliers de kilomètres carré de désert ou un Alaska. En gros c’est un peu plus facile de sanctuariser des espaces lorsque l’on a une densité de 32 habitants au km², qu’avec 116. Autre petite pensée personnelle, c’est bien parce qu’ils savaient ce qu’ils réservaient au reste du territoire, que les industriels, sénateurs et autres puissants des states se sont dit qu’il valait peut être mieux en effet protéger quelques endroits et tant qu’à faire les plus jolis! Sinon où iraient-ils se promener pendant le weekend?

Le bassin de Badwater , Death Valley

Le bassin de Badwater , Death Valley

Dunes de sable, Death Valley

Dunes de sable, Death Valley

Coyote, Death Valley

Coyote, Death Valley

Histoire d’être langue de serpent jusqu’au bout, il faut souligner la contradiction totale (d’un certain point de vue) entre la place accordée aux véhicules émetteurs de CO² et la protection de l’environnement. Tout est pensé pour la bagnole. Les avocats du sheitalisme me rétorqueront qu’il s’agit de permettre l’accès à ces merveilles naturelles aux personnes à mobilité réduite et que des bus gratuits fonctionnant au gaz naturel sont à disposition des visiteurs ». Il est vrai, n’empêche que la vallée du Yosemite ou le centre d’information de la Death Valley ressemble au parking de Rosny 2 (avec un cadre plus charmant je vous l’accorde). Et cela amène des situations cocasses genre un couple à bout de force après une rando de huit heures en train de s’engueuler sans souffle :

– erf… mais putain chéri… erf… t’as garé où la caisse ???

– mais elle était là… erf… B36 parking écureuil bleu…

– mais non l’écureuil bleu c’était hier, ce matin c’était le parking élan rose…

-oh non… erf… c’est de l’autre côté du parking… erf… à 10 bornes sud-est (j’exagère un peu)

– vas-y-toi… moi je t’attends au bar !

Parce que oui dans les PN il y a des bars ! Enfin presque… les grands parcs nationaux ressemblent un peu à des stations de ski. T’as un ou des supermarchés, quelques magasins, des restaurants, des hôtels (et oui pas que des campings !) et souvent juste à la sortie un casino et/ou une zone commerciale. Ne vous embêtez donc pas à acheter des tonnes de bouffe avant, par contre équipez-vous bien. Un soir nous nous sommes caillés les miches, mais genre sérieux pas juste caillés genre « ouh j’ai froid ça gèle », non Goyette avait les ongles verts bleus comme ses beaux yeux et des dreads de glace à la place des cheveux ! Elle parlait comme Di Caprio dans Titanic à la fin, « Un-Un-Unca-ca-ca-cas… j’ai-ai-ai-froid (vous avez compris le concept donc je reprends une écriture normale sinon le dialogue va durer une plombe !), je vais y passer » et moi, « Goyette ! Parles moi ! Ne t’endors surtout pas, ce qu’on va faire c’est qu’on va se frotter ! ». Et oui lorsque vous avez froid il faut se frotter à quelqu’un… Bref le lendemain nous sommes allés nous renseigner sur les prix d’un tapis de sol digne de ce nom et c’était quatre fois le prix par rapport au Wallmart ou tout autre magasin de sport ; par ce que comme c’est la crise, tous les magasins qui ne sont pas dans des zones friquées font des offres et des soldes. Au « mall » de Flagstaff, Arizona, nous avons fait des supers affaires, ainsi qu’au « outlet » de la banlieue de Las Vegas (histoire de placer que nous sommes allés à Vegas…). Tout ça pour dire que les parcs nationaux ressemblent en réalité plus à un (très très très grand) jardin botanique/zoo à ciel ouvert.

Prairie dans le Sequoia National PArk

Prairie dans le Sequoia National Park

Goyette entre les sequoias géants

Goyette entre les sequoias géants

Et zioup! passage de voiture à travers un Sequoi géant!

Et zioup! passage de voiture à travers un Sequoia géant!

Enfin ça c’est si vous faites le minimum. Car il est vrai que dès que vous vous engagez dans les randos de plus de 5km, là vous pouvez réellement vous sentir into the wild. Au détour d’une roche vous apercevez une biche, sur un tronc une marmotte ou au loin un ours (oui un ours ! mais c’est une longue histoire…). Et si vous décidez de partir pour les trails sur plusieurs jours-là vous pouvez vous retrouvez dans les lieux les plus éloignés de toute route aux Etats Unis. Mais attention ne partez jamais seul et restez sur les sentiers, car chaque année des dizaines de gens disparaissent… En plus de rendre tristes leurs amis et famille, ça énerve les rangers. Quelle belle transition pour évoquer ce que je préfère dans les PN : les rangers!!!

Marmotte, Sequoia National Park

Marmotte, Sequoia National Park

Camping à la bien à la sortie du Yosemite National Park

Camping à la bien à la sortie du Yosemite National Park

Walter Glasgow Rangers

Le terme rangers évoque différentes choses selon les personnes. Les geek un peu abrutis au TF1 des années 90 penseront immédiatement à Walter Texas Rangers et vous informerons que « Chuck Norris a déjà compté jusqu’à l’infini… deux fois». Le fan de foot évoquera les Glasgow Rangers et tous ces français qui ne s’y sont jamais réellement imposés ; Guivarc’h (à jamais ton fan je serai), Boumsong, Charbonnier… L’AJA fournisseur officiel des Rangers! On pourrait d’ailleurs rajouter Basile Boli… Enfin l’historien un peu chiant vous racontera comment cette division militaire anglo-saxonne servant dans les Amériques a donné son nom à une troupe d’élite de l’armée américaine… Moi maintenant ça me fait direct penser aux rangers des parcs nationaux, ces sortes de boysscout adultes trop stylés et trop sympas!

Les rangers ont évidemment un père fondateur (non ce n’est pas Chuck Norris !!!) en la personne de Harry « Rocky Mountain » Yount le « father of the ranger service ». Ancien de la guerre de sécession le mec était un véritable mountain boy, pas comme cette imposteur de Claude Lafayette Dallas Jr à qui l’on devrait retirer le surnom d’Outlaw Mountain Man. Et c’est lui qui, en 1880, donnant sa démission à Horace Albright, second directeur des PN, lui suggéra de monter des équipes de gamekeeper car surveiller de si grandes étendues tout seul était chose impossible… même pour Chuck Norris.

Harry Yount, le premier ranger.

Harry Yount, le premier ranger

Aujourd’hui ils sont plusieurs milliers à vous accueillir à l’entrée des parcs, à déblayer les chemins aux printemps pour que vous ne vous perdiez pas, à soigner les animaux sauvages et… à nettoyer vos merdes (littéralement) et vider les poubelles. Selon Marc du parc de Mesa Verde, Colorado, les rangers n’ont en général pas de famille à proprement parlé, et comme nous le précisait Jess, qui bossait et donc vivait dans le parc de Body (une ex gold town devenu ghost town), « à la base lorsque tu fais ce travail c’est que t’es pas très social ». Pourtant ils sont souvent tout mignons et tout gentils tout plein. Genre le papy ranger qui bossait au parc de Pictured Rock, Michigan (cf. article sur la UP), et que vous avez envie de lui dire « je veux être comme vous plus tard»! Une chose est sûre, si je vis un jour aux states (« stp Jésus stp !!! »), je serai un ranger volontaire et mes gamins seront des rangers juniors!!! Comme ça je pourrais leur acheter les mini uniformes de rangers et on jouera au Monopoly des National Park (mais pourquoi ne l’avons-nous pas acheté Goyette ? Pourquoiiiiiiiiii ?). Bon et si nous retournons en France je ferais une formation de garde forestier et mettrais mes marmots aux « éclés »… c’est carrément moins stylé mais bon tant pis…

Marc de Mesa Verde dans le Colorado

Marc de Mesa Verde dans le Colorado

D’ici là je ne me lasse pas de regarder nos photos, en parler dès que je peux ou guetter dans les films les parcs dans lesquels j’ai été, les Redwood dans Jurassik Park (notamment le superbe Fern Canyon trop beau !), Star Wars (la lune Endor où vivent les Ewoks !) ou dans la Planète des Singes : Les Origines ; la Death Valley dans plein de films dont encore Star Wars (la planète Tatooine), dans Spartacus de Kubrick ou encore dans Fort Bravo; ou le Yosemite dans Star Trek V : la dernière frontière et dans Monthy Python : Sacrée Graal! En tout cas maintenant ils font tous partie d’un de mes films préférés : celui de ma vie avec Goyette!

Nevada Falls, Yosemite National PArk

Nevada Falls, Yosemite National Park

 

 

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