lonely tree

La côte Pacifique Californienne (et un peu d’Oregon!)

1250 miles séparent San Diego, Californie, de Seattle, Etat de Washington. Plus de 2000 km de côte pacifique. Nous en avons parcouru environs 1200, soit plus de la moitié. En plusieurs fois et dans les deux sens. De Morro Bay, Californie à Florence dans l’Oregon, nous avons tout fait !!! Et ouais !!! Retour sur un rêve devenu réalité.

South California panneau

Aéroport de San Francisco, Goyette transpire à grosses gouttes, gigote dans tous les sens, s’énerve que nous ayons l’air de gitans avec nos gros sacs, se gratte la nuque… elle stresse grave. C’est que d’ici quelques minutes elle va devoir conduire au milieu de gros 4×4, big trucks et autres pick-up géants, sur des highways à 6 voies. Le tout dans une boîte de conserve rouge Chevrolet, modèle spark. Trois mois plus tard, c’est le coude dépassant de la fenêtre, lunettes noires sur le bout du nez et musique à fond qu’elle entre dans Los Angeles, zigzagant entre les lignes de l’Interstate 250 : « That’s my girl » !!!

Entre temps notre Goyette a conduit des milliers de miles, rouler sur huit Etats, kicker la route 66 et frôler la mort trois fois. Des belles nous en avons vu. Des moches aussi. Mais cette côte pacifique c’est quelque chose !!!  Allez… Une fois n’est pas coutume, top 6 des meilleurs spots de la côte pacifique, roulement de tambour : c’est Darty mon kiki !!!

chevrolet

Chevrolet Sparck « une voiture qu’elle est bien pour la conduire »

 6ème et dernier: La côte au nord de San Francisco (California road 1, début, Golden Gate Bridge (GGB) jusqu’à RockPort)

Little River, Mendocino, Fort Bragg, Anchor Bay, Bodega Bay… des noms qui font rêver. Des anciens hameaux de pêcheurs que les fortunés de SF, d’Oakland et de Berkeley ont retapé, enfin que des ouvriers mexicains ont retapé pour eux. Résultat : des petits villages idylliques en bord de mer. Un mélange de Camargue et de Normandie à l’américaine. On peut y siroter des huitres et de la bière son cul posé face à l’Océan ou mieux, face aux nombreuses entrées d’eau qui sillonnent la région. Graus, marais, baies, rivières, lacs, ruisseaux… vous avez l’embarras du choix !

Bien sûr tout est hors de prix ! Nous avons commencé à errer pour trouver où dormir. Après avoir refusé des chambres à 200$ et un camping à 50, nous avons dû nous rabattre sur  Petrolia, charmante petite ville un peu en retrait dans les terres où nous avons dégoté un Super 6 (chaine de motels) à 70$ la nuit… Après une rencontre surréaliste avec un réceptionniste indien (d’Inde) : « It’s veRRy weiRRd, the RRoom cost just 150$, with two king size beds, look ! It’s WeiRRD ».

Un coin magnifique pour les nantis, pas pour nous. Note : 6/10. A faire en écoutant une musique classe mais pas trop alternative pour ne pas se faire remarquer, un truc consensuel. Lana Del Rey, Red Hot Chili Peppers, Devendra Banhart…

highway 1

Camargandie…

5ème: la South Flat California (de Piedras Blancas jusqu’à Morro Bay sur la CR1)

Au sud de Big Sur, la côte s’aplatit. Quelques loups de mer et le Hearst Castle (j’ai la flemme d‘en parler là, mais en gros un « château » immense d’un magnat de la presse et de très mauvais goût) essayent de cacher le fait que, comparée au reste de la côte, cette zone est moins bien lotie. Mais ça ne prend pas car, après Big Sur, le coin parait presque banal. Pas de chance car concrètement c’est super joli. Surtout lorsque le brouillard se maintient au-dessus de l’eau du Pacifique, créant un océan de nuages, ou lorsque vous vous baladez aux abords du Morro Rock, sorte d’énorme cailloux arrivé là sur la plage on ne sait pas trop comment, tout prêt d’un superbe banc de sable… mais en fait c’est trop top comme coin ! Pourquoi ? Car il n’y a pas de touristes ! Et s’il y a une chose que nous avons appris avec Goyette durant ce voyage, c’est que plus que sa beauté, c’est le sentiment de solitude qui rend magique un lieu.

Du coup la SFC reste cinquième mais avec une meilleur note que le quatrième : 7,5/10. A faire en écoutant la radio, faut bien s’immerger un peu dans la culture locale, ou bien en ressortant des vieux son californiens, Creedence Clearwater Revival, Country Joe and the Fish, Jefferson Airplane, Greatfull Dead…

sud san francisco

Cailloux californien.

4ème: Monterrey Bay California Surf (CR1 de Davenport à la Point Lobos State Natural Reserve)

Amateurs du cool et de la wave, la Monterrey Bay est faite pour vous ! Vous pourrez vous y baladez tongues Quicksilver aux pieds, short Volcom, t-shirt Obey, casquette O’Neill, surfboard Mc Callum sous le bras et cannette de Red Bull à la main. Rendez-vous à Santa Cruz, profitez du parc d’attractions et allez au petit mais non moins charmant Surfing Museum sur West Cliff Drive en direction du Natural Bridge State Park. C’est dans cette ville que trois princes hawaiiens ont introduit la pratique du surf aux USA, avant même que les iles deviennent américaines plus d’un siècle plus tard. George Freeth, qui donna en 1907 une leçon de surf à Jack London, ne serait donc pas the first man to surf in California… Malgré la description flatteuse (et un peu gay) de son élève qui le compara à un «  sea-god . . .a brown Mercury. . . calm and superb ».

Monterrey est un peu moins sympas que Santa Cruz, si vous avez un peu de thunes payez-vous le droit de parcourir la 17 miles drive et prenez en photo le Lone Cypress, ça casse pas sa planche à un surfeur, mais c’est sympa… Apparemment l’aquarium l’est aussi super mais trop cher pour nous. Le must à faire dans le coin ? Se promener avec un t-shirt politique genre « Homeland Security : Fighting terrorism since 1492 » avec une photo d’amérindiens dessus. Vous vous ferez checker toutes les cinq minutes dans la rue « great shirt man, give me five» et peut être même que le gars du musée du surf vous montrera sa pièce de 1 cent « tête d’indien » (forgée de 1859 à 1909) en vous récitant les larmes aux yeux les dernières paroles de son grand père «O’Great Spirit, whose voice I ear in the wind »… ou quelque chose comme ça.

Note : 7 /10. A faire en écoutant les compiles Cowabunga!, Jack Johnson, ou bien sur les Beach Boys : Surfing USA ! Le reggae est aussi accepté.

santa cruz surfeur

santa cruz

3ème: la côte urbaine hype de San Francisco (de Pacifica au Golden Gate Bridge)

Voir le Golden Gate Bridge (GGB) c’est de la balle. Le traverser à vélo c’est mieux. Mais le traverser en caisse c’est encore un niveau au-dessus. Cela procure en sentiment qui mêle satisfaction et enchantement. « J’y suis quoi ». Les trois autres ponts qui traversent la baie ont aussi leur charme. Notamment le San Francisco –Oakland Bridge qui, malgré son nom tout moisi, offre une superbe vue sur SF et le GGB. Ce pont superposé passe par l’île de Yerba Buena, là où tout a commencé. Enfin pour SF. En plus des ponts et de la baie, cette partie de la côte est parsemée de plages à la « montévidéenne » longées de petits pavillons typiques de San Francisco. Plus proche du GGB, des petites collines et hauteurs offrent des points de vue « cartes postales » sur l’océan, le pont, la ville…

A pied, à vélo ou en caisse, c’est le top. Enfin, lorsque le ciel est dégagé ou que le brouillard est venu motivé, en mode photogénique, et pas lorsqu’il a la gueule de bois, en mode je m’étale je suis tout gris, et on y voit rien.

Note 8/10. A faire en écoutant un son qui sort demain, du style la nouvelle performance de Kendrick Lamar : une chanson dont l’instru est un élément de chaque instru de son dernier album, le texte les troisièmes, septièmes et soixante-dix huitièmes mots de chacune de ses chansons (en ordre alphabétique en comptant les featurings sauf de l’année 2014), le tout enregistré avec le haut-parleur de sa voiture « pour ce son si cosmique ». Un morceau de 17 minutes, à milles tiroirs, trop technique. Et encore vous n’avez pas vu le clip.

Golden Gate Bridge

Notre masquotte Panda, trouvée par terre à SF… WWF-VABDB.

Second ou deuxième : Big Sur ou la côte intello écolo (sur la CR1 entre Carmel Highland et Ragged Point)

C’est dans cette région aux frontières floues que Kerouac respira « à fond l’iode mortelle de la mer », aller savoir ce que ça veut dire… Comme le punk, ce serait plus à un état d’esprit qu’à une entité réelle à laquelle nous faisons face. La rencontre entre les falaises et l’océan est magique. Il y a quelque chose de Pérou dans cette partie de la Californie, avec des pins en plus. Car le coin est assez vert, grâce au brouillard qui permet à une dense flore de survivre dans cette partie du globe où il ne pleut guère. L’étroite et sinueuse California Road 1, longe de magnifiques précipices ; remonter vers le nord au coucher du soleil est une formidable idée pour les personnes suicidaires. Tout comme y rouler de nuit… Nous avons-nous même testé l’option deux à la recherche d’une planque, Goyette était autant au bord de la crise cardiaque que du vide. Il faut être un tant soit peu prévoyant avant de se lancer dans les 150 bornes de Big Sur.  Les campings des States Parks sont vite complets, les privés et autres hôtels hors de prix. Tout comme l’amende pour camping sauvage en voiture (200 $ !). Nous avons trouvé refuge sur le parking d’un hôtel/resto/station essence, après quelques kilomètres dans l’obscurité, et cette voiture qui nous a esquivé de justesse…

En plus de faire de superbes randos menant à des chutes d’eau et points de vue very beautiful, vous pourrez vous rendre à la Henry Miller Memorial Library. Il est agréable d’y flâner, boire un café et profiter du wifi gratuit. Peut-être vous laisserez vous tenter par un des nombreux chefs d’œuvre de l’auteur qui vécut dans la région de 1944 à 1962, dont le fameux Big Sur and the Oranges of Hieronymous Bosch. La zone est souvent citée dans les sept arts. Exemple : dans Sons of Anarchy, à un moment de la saison 2, la belle Tara propose au musclé Jax d’aller à Big Sur…. Euh ok… Sinon Jack Kerouac avec son roman Big Sur ou encore Richard Brautignan avec le sien A Confederate General from Big Sur rendirent comme tant d’autres hommage à cette région si particulière. Le Bixby Creek Bridge le fait également à sa façon béton.

big sur

Pérou californien.

Big Sur, « where nothing happens» comme disait Miller, ça vaut bien 10/10. A faire en écoutant un coffret genre « Best of Beat Génération Music ». Pas de honte à avoir, de toute façon vous confondrez les morceaux de 9 minutes comme vous confondrez le nom des artistes jazz et ceux des écrivains de la beat generation : « j’adore le bebop d’Allen Gillepsie, pour moi c’est un peu le versant musicale de la prose de Dizzy Ginsberg».

pont big sur

The Bisxby Creek Bridge.

#1: North Cal & Oregon Pacific Coast aka Paradise (Interstate 101, d’Arcata vers les nord)

S’il y a comme disait Gandhi autant de religions que d’êtres humains, il n’y a pas moins de paradis. Le mien ressemblerait à la côte pacifique de l’Oregon (et du nord de la Californie). Des larges plages, des falaises, des roches parsemées dans les eaux froides de l’océan, une brise salée, de la brume qui s’élève entre pins et sequoias géants, une prairie où coule une rivière remplie de truites dorées, un chalet duquel s’échappe la fumée d’un feu, on y devine à l’intérieur une chaude cheminée devant laquelle un homme lit un bon bouquin, une bière artisanale à la main, en écoutant Sufjan Stevens « I’m bright like the Oregon breeze »… cet homme c’est moi, in heaven.

cote californie redwood

Patrick’s Point, North California.

Des Redwood en Californie, vers le nord sur l’Interstate 101, vous pénétrez dans un territoire mystérieux. Entre vues imprenables sur l’océan et ponts rouillés, entre forêt interminable et usines abandonnées, entre brouillard épais et soleil bleu, vous traversez des bleds hors du temps, vestiges de la belle époque de l’industrie de la pêche aujourd’hui agonisante, tout comme celle du bois. Avec un peu de courage vous pousserez la porte d’une taverne où vieux bucherons et pêcheurs retraités crachent sur les bourgeois des villes qui les narguent du haut de leur maison secondaire luxueuse perchée en haut d’une falaise en bord de mer. Reprenez  l’Interstate 101, cap north, en écoutant des chansons folks mélancoliques. A gauche une baleine à l’horizon, à droite un élan qui se fait les bois contre un arbre… « Land of the rose and sunshine, Land of the summer’s breeze, Fresh from the Western seas, Hail to thee, Land of Promise, Oregon, My Oregon” (hymne de l’Etat d’Oregon).

1million/10. A faire en écoutant Sufjan Stevens.

côte oregon

« Oregon, My Oregon »

Bilan : nous avons kiffé grave ! Alors bien sûr c’est impossible sans bagnole ou moto (ou vélo pour les plus courageux). Mais s’il y un truc qui n’est pas cher aux states c’est louer une caisse (même si l’essence est assez chère sur la côte, surtout à Big Sur ! pensez à faire le plein avant). Après selon votre niveau d’aventurité, vous pouvez réserver ou pas où dormir à l’avance, mais sur la côte c’est cher et en camping les places sont rares. Autre solution, le camping sauvage… A priori pas de souci, mais c’est toujours un peu stressant…

monterrey (2)

us

us

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *