Cookies Bar

Hello Wisconsin – WWOOFING aux USA part 3

A part dans That 70’s show, moi le Wisconsin j’en avais jamais entendu parler et puis si quelques mois avant de commencer à penser sérieusement à aller aux Etats Unis, on m’avait dit « vas-y passe par le Wisconsin ! », j’aurais répondu bêtement….euh… ouais non je vais peut-être commencer par la côte ouest et puis après, le sud-est et puis après New York et puis après l’Oregon, et puis après on verra les états genre Wisconsin, Arkansas, Kansas, Iowa, Kentucky etc… Pas mal d’états aux states qui à priori ne font pas parti du top 50 des endroits à voir avant de mourir. Vous savez ce genre de top qui pullule sur internet, c’est une vraie plaie, entre ça et les bucket list (liste des trucs que tu as envie de faire avant de clamser)… t’as gagné ta journée. Avec des idées plus originales les unes que les autres : « nager avec des dauphins en Australie », (sans déconner ?) ou « monter sur le dos d’un éléphant en Asie» ou encore « voir New York ». Le pire c’est qu’après les gens se donnent des conseils type « ah ouais tu devrais rajouter à ta liste Punphunk je ne sais pas quoi en Thaïlande c’est vraiment une très belle île »… C’est étrange comme pratique quand même. Et puis souvent, on ne veut pas critiquer mais c’est toujours des montagnes, des plages au sable blanc ou des histoires d’aurores boréales ou de fjords… Une vraie discrimination. Pour rendre justice à tous les endroits qui ne répondent pas aux critères du tourisme actuel et méconnus de la terre on va la faire notre bucket list un jour et ça commencera par « une journée d’observation des canards en Camargue ». Non mais sérieux…on ne va pas se faire des amis sur ce coup-là c’est sûr, mais faut arrêter de déconner les gens.

Door County Peninsula

Door County Peninsula

Bref, on est arrivé dans le Wisconsin parce qu’un jour un certain John a répondu à ma requête de Wwoofing, la seule que j’avais faite dans le Wisconsin « au cas où ». Et il me dit à l’américaine tu vois : « yeahh come on guys, mi casa es tu casa » (bah ouais il y a plein de latinos aux states tu crois quoi toi). Enfin, John n’est pas latino du tout. Bref. Nous voilà donc parti après notre tour dans la UP pour le Wisconsin. Avant d’aller à la ferme on décide d’aller dans le nord de l’état vers le Minnesota, à Bayfield. Et vous savez pourquoi ? Parce que dans ce petit bled, tu peux prendre un bateau qui t’amène dans les Apostle Islands. Trop belles îles toutes colorées sur le lac supérieur. Appelées les îles des Apôtres car un historien français, Pierre François Xavier de Charlevoix, les nomma ainsi pour représenter les 12 apôtres, même s’il y a 22 îles au total, « euh ouais… Why not Pierre François ? ». Il y en a vraiment qui ne servent pas le rayonnement de la France à travers le monde… Entre Nabilla et Pierre François, qui nomme un chapelet de 22 îles, les îles des apôtres alors qu’il sait pertinemment qu’ils étaient 12… On n’a vraiment pas de chance. Non je blague !! « Pef », faisait parti de cette génération de jésuites aventureux, qui ont eu une vie de fou type: descente du Mississipi, échouage de bateaux en allant à St Domingue, écriture de traité sur la botanique et sur le Japon. Respect. Bref, ces îles on n’en avait bien évidemment aucune connaissance avant d’arriver chez les Dhaseleer (2ème wwoofing Michigan) et qu’on tombe sur un bouquin de photos de ce coin des Etats Unis assez fou. Et là ce fut une révélation « ouaaahhh Uncas, Uncas, tu crois qu’on aura le temps d’aller dans le nord du Wisconsin ? » (sachant que la ferme de John est  plus dans le sud vers Green Bay, prenez une carte nom de dieu !). « Chai pas mais ouais vas-y on y va ». (C’est pas très compliqué l’organisation avec nous). Bref après notre petit tour dans la UP, on traverse la frontière Michigan/ Wisconsin, quelques réserves indiennes par-ci par-là (c’est à dire vu de la bagnole : de la forêt, des casinos et des pancartes POWOW de temps en temps). Et on arrive à Bayfield de nuit, on dort dans la bagnole car on voulait aller dans le camping du coin (souvent les camping sont free au Etats Unis, personne n’est là pour te surveiller, ni pour que tu payes) mais quand on y arrive, deux mecs balèzes avec des gueules genre « je rigole pas moi, je viens du Bayou et je mange des crocodiles avec mes canines » sont en train de dépecer une biche, ou de monter leur tente on ne voit pas trop de loin. Et nous :

– En chœur : « Hiii »

– pas de réponse.

– Goyette : « Il y a quelqu’un d’autre dans le camping ? »

– Uncas : «  Euh non…ça n’a pas l’air »

– Goyette :« On se casse en courant ? »

– En chœur : «  OUAISSSSS !! ».

On dort donc dans la bagnole. Et le matin on ne fait pas la grasse matinée vous vous imaginez bien. On met 4 heures à se rendre compte qu’il y a un décalage horaire avec le Michigan. Bin mince c’est bizarre il est 7h du mat et rien n’est ouvert et puis c’est quoi cette petite bruine là, on s’est réveillé à Morlaix ou quoi ? Bin non en fait il est 6h et on est en train d’errer sous la pluie dans un village de 200 têtes aux States… ça sent le roussi la sortie en bateau. Et effectivement la sortie est annulée. Grumph. Tout est trop cher ici, la tente sous la pluie c’est mort (on en en avait acheté une à 20 dollars en arrivant et elle a complètement morflée dans la UP le soir on a vécu une tempête : on s’était réveillé avec la tente sur la tronche, les pieds plein de flotte, un ouragan à l’approche, on ne faisait pas les fiers…enfin moi surtout type :

– Euh Uncas what the fuck is going on? C’est la fin du monde ou quoi ? et on est tout seul en  plein milieu de la forêt avec des ours ? Non mais je ne sors pas de la tente, je reste là. Pas moyen.

– Goyette, il n’y a plus de tente ! Elle est sur ta tronche la tente ! Faut qu’on aille dans la bagnole vite, prends les affaires.

– Mais ca va t’es fou ? C’est la nuit dehors !! Je ne sors pas.

– Goyette il y a un mètre à faire jusqu’à la voiture….

De là s’en est suivit une course folle jusqu’à la voiture ou je me suis enfermée et j’ai regardé Uncas se débattre entre la tempête, les animaux sauvages et la pluie pour sauver nos affaires. Je suis sympa comme nana non ?

Enfin du coup à Bayfield, pas le choix, ça sera motel. On décide de retenter notre chance le lendemain, et le soir on part au Casino dans la réserve indienne à côté histoire de voir les Etats Unis tu vois. Les vrais. Les gros lards qui mettent 80 dollars dans des machines à sous dans les casinos dans les réserves indiennes et qui fument 14 paquets de clopes et boivent des bières pas chères en abaissant leur bras toutes les 30 secondes à peu près. Ouais on va là, on met 20 dollars chacun et on se dit que c’est notre limite. Tu parles ! On peut faire une étude sociologique sur les populations des casinos assis sur un canap et en plus la bière n’est pas chère ! On reste des heures dans le machin. Et puis surtout je commence à voir des dollars partout, je pense dollars, je vis dollars, j’en gagne quelques-uns et n’arrive pas à m’arrêter jusqu’à ce que je perde tout. Je dis à Uncas qu’il faut que je continue à jouer mais il m’en empêche. Je commence à trembler et suer, à courir comme une folle dans le casino en criant « filez moi des dollssssss » et Uncas me force à rentrer. Trop pas funky le mec. Le lendemain il repleut mais le bateau sort quand même, il y a trop de brouillard, on ne voit rien et le bateau décide de faire demi-tour car c’est trop dangereux et que le vent commence sérieusement à se lever. On a payé un bras pour rien, on est resté dans un bled 2 jours pour rien. La loose. On se casse de là en mode trop vener, je fais un dérapage sur la place centrale avec la bagnole, affole quelques petites vieilles, fait vombrir le moteur et cracher de la fumée comme les gros c.. qui font du « coal rolling » aux Etats Unis sauf que moi dans ma fumée il y a marqué « I hate Bayfield ».

Ce qu'on a vu

Ce qu’on a vu

Ce qu'on aurait du voir

Ce qu’on aurait du voir

On traverse le Wisconsin jusqu’à Green Bay dans la nuit. Je m’arrête un peu pour dormir dans la bagnole sur la route et des keufs arrivent pour nous dire qu’il faut qu’on bouge, que c’est interdit de dormir dans sa bagnole. Il comprend vite fait qu’on n’est pas du coin malgré mon accent anglais qui déchire tout, qu’on est du côté des gentils et me dit que j’ai une heure pour me reposer et qu’après il faut qu’on se casse. Bon… On s’en va et arrivons à chai pas quelle heure du mat à Green Bay, galérons grave pour trouver un endroit pour dormir dans la bagnole sans se faire emmerder. A un moment, je manque d’écraser une colonie de castors sur la route (ou était-ce une hallucination je ne sais plus) et on s’arrête. On se réveille face au lac Michigan genre à 2 mètres du bord, entouré d’une ribambelle d’étudiants venus faire du sport. C’est beau. On se balade dans cette petite ville universitaire qui est Green Bay, c’est super sympa.

Green Bay

Ca a l’air sympa hein?

On trace après vers notre objectif final : la ferme de John (qui n’est d’ailleurs pas là mais sa fille si) dans les environs de Sturgeon Bay.  S’en suit une rencontre assez crazy avec un couple de jeunes  (Sally et Calvin) d’environ 18 ans qui tiennent la maison en l’absence du père. Ce sont tous les deux des biomans évidemment : Calvin aiment manger les plantes qu’il trouve au long de ses promenades et Sally tente de faire un jardin en biodynamie et de reproduire le système de culture des amérindiens. Ok ok c’est cool tout ça. On s’entend bien avec eux. On s’occupe des poules, plantons du maïs et des asperges de manière un peu anarchique en faisant des espèces de petites montagnes qui seraient justement le mode de production le plus optimal selon les ex-indigènes du coin, on monte un grillage, tondons la pelouse (je kiffe), Uncas retrouve son amour pour le basket sur le terrain de la maison, on joue au banjo, faisons des balades à vélo et découvrons la magnifique région.

Noeud Sturgeon Bay

Sturgeon Bay

terrains de basket chez sally

La ferme de Sally et Cal

Les petits jeunes ne s’étaient pas rendus compte que le travail à 8 bras ça va vachement plus vite du coup on avait plus grand chose à faire au bout de quelques jours. On va donc travailler chez des potes à eux. Une fois pour couper du bois. Je n’arrive pas à couper une satanée bûche donc je suis présupposée avec les autres filles au transport du bois avec brouette jusqu’à la grange. Les garçons se moquent gentiment de la chemise à carreaux d’Uncas « tu l’as mise pour l’occasion ou comment ça se passe?? » (ce qui au passage est vrai puisqu’il a pu rayer de sa bucket list « couper du bois dans le Wisconsin en portant une chemise de bucheron ».. quoi t’as une bucket list Uncas ??!!). On finit la journée crevés, ils nous invitent à manger, on se retrouve à prier et manger des hotdogs avec la maman qui a 10 enfants et voudrait qu’on soit ses deux derniers. Trop mignonne. On repart le soir et toute la famille au grand complet est derrière la fenêtre à nous faire des grands signes. C’est vraiment trop chou. On se fait plaisir comme on ne croule pas sous le travail et faisons des longues balades dans les nombreuses forêts que renferment la péninsule. Un jour, on loue même un tandem et faisons une grande balade en forêts avec parcours cycliste. On est au super top, méga synchronisés. L’harmonie totale. Un jour on part aussi travailler chez un allemand. Une révélation pour nous. C’est une famille de 4 personnes qui sont presque indépendants au niveau de la bouffe et qui n’ont pas un si grand terrain que ça. Leur potager est magnifique, il nous donne plein d’astuces (qu’on a oublié) pour optimiser sa production, on trouve ça génial. Sa fille suit des cours de piano contre des boites d’œufs. Trop révolutionnaire le machin attend… On les aide pas mal aussi ce jour-là, on désherbe des bouts de terrain, créons un système d’irrigation pour ses arbres fruitiers etc etc.. On mange trop bien le midi, que des produits du jardin avec du yaourt fait maison, je suis trop fan ! Le soir, on fait un feu avec eux. C’est trop cool et puis en plus on croise plein de biches sur la route en rentrant ! On est dans le Wisconsin dude !

cortando madera

Uncas réalisant son rêve

dans la famille bucherons

jardin sturgeon bay

La ferme des ex-allemands

allemands

Après plus d’une semaine chez Sally et Calvin, on s’en va le cœur lourd. On l’a encore plus maintenant qu’on sait qu’ils ont eu un bébé (qu’ils ont conçus selon nos calculs pendant notre séjour…)  et qu’on a trop envie de le rencontrer mais qu’on ne sait pas quand on retournera dans ses contrées si excentrées des States. On part de là pour Milwaukee, super petit ville universitaire aussi, vraiment on kiffe, une rivière passe au milieu de la ville, on mange un burger dans un resto bar d’espions trop stylé où à l’entrée tu dois répondre à une énigme pour rentrer et après répondre à d’autres énigmes dans une des nombreuses pièces du resto, on apprend à faire fonctionner un jacuzzi et on reprend la route.

Milwaukee

Milwaukee

On part plein de souvenirs, du Wisconsin, qui malgré qu’il ne soit dans aucune bucket list de personne reste un endroit où il est sympa de s’attarder. Direction Chicago yo ! (voir On est les Chicago Bulls et c’est nous qui allons gagner 2nd part).

us

us

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *